Vendredi 20 janvier 2006


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par Jean-Pierre Muller publié dans : Le Canton
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Vendredi 20 janvier 2006

Discours des vœux

Magny en Vexin – 15 janvier 2006

  

Monsieur le Député

Monsieur le Sénateur

Mesdames et Messieurs les Conseillers Généraux

Mesdames et Messieurs les Conseillers Régionaux

Monsieur le Président de la Communauté d’Agglomération de Cergy-Pontoise

Mesdames et Messieurs les Maires

Mesdames et Messieurs les Elus

Mesdames et Messieurs les Représentants des Autorités civiles et militaires

Madame la Présidente du Conseil National de la Résistance Iranienne, chère Maryam Radjavi

Mesdames et Messieurs

Cher(e)s ami(e)s

Permettez-moi tout d’abord de vous remercier d’avoir, cette année encore, répondu aussi nombreux, à mon invitation.

J’y suis, vous le savez, particulièrement sensible. Je sais aussi que certains ont reporté des repas familiaux ou renoncé à certaines activités dominicales pour être là ce matin. J’en suis très touché.     

« Nous avons tous assez de force pour supporter les maux d’autrui »

Madame la Ministre, j’ai invité les enfants, de votre commune, de ta ville, chère Dominique, ces jeunes Eragniens, plein de talents, qui viennent de chanter l’hymne sud-africain, pour témoigner que cette maxime de François de La Rochefoucault, choisie pour illustrer ma carte de vœux, si elle traduit bien, je devrais dire trop, d’états d’esprit et de façons d’être, si elle a aussi, vocation à éclairer et à modifier les comportements, mérite qu’on y apporte des nuances. 

Car si l’égoïsme et l’égocentrisme sont trop souvent rois, la richesse trop souvent insolente et l’arrogance des nantis sans pareil, il existe aussi des gens, des hommes et des femmes, des jeunes à la casquette à l’envers, qui parlent le verlan davantage que la langue de Molière, qui pensent aux autres, n’osent, certes, pas rêver de changer le monde mais espèrent, là où ils sont, changer, en tout cas améliorer, la vie de quelques uns, de quelques autres, et d’autres encore.

Jeunes gens, vous êtes là, aujourd’hui, sur cette scène de la salle des fêtes de Magny en Vexin, parce qu’à travers vos actions, vos initiatives, aidés, ou plutôt aux côtés, de vos grands frères d’Eragny, qui, l’été dernier, ont participé à un chantier jeunesse au Burkina Faso, de vos parents et de leurs amis, et au sein de votre Association pour les Enfants Oubliés, l’APEO, vous venez en aide aux enfants orphelins du Congo.  

Vous êtes là parce que, le 12 novembre dernier, à l’occasion de la Semaine de la Solidarité Internationale, vous êtes venus, avec votre Présidente, Solange Mer, raconter ce qu’est votre engagement, en fait votre belle histoire, celle d’enfants d’Occident, qui chantent des gospels pour que d’autres enfants nés et vivant au cœur du continent le plus pauvre, vivent mieux; vous êtes là, vous êtes venus cette semaine là, en quelque sorte pour nous montrer le chemin, pour que Magny et ses jeunes, après une action modeste mais remarquable, il y a maintenant deux ans, vers le Sénégal avec l’association « Hella », et je salue,ici, ce matin, votre présence,madame la Présidente, chère madame Ferreira, et je vous le confirme, nous allons établir un jumelage avec le village sénégalais pour lequel vous faites tant,( vous êtes venus pour que Magny et ses jeunes) ne restent pas les bras croisés, mais s’engagent pleinement, à leur tour, dans ce que vous appelez, et c’est, je crois, le mot, parce que c’est plus qu’une belle histoire, une belle aventure humanitaire, je dirais une belle aventure humaine tout court.

Je devine, en fait je sais, car je me suis renseigné hier soir, que les posters affichés sur les murs de votre chambre, sont, comme pour beaucoup d’autres jeunes, ceux de Zinédine Zidane, Jamel Debouzze, Jennifer Lopez, Gad El Maleh, Angélina Jolie ou Ronaldinho, et c’est pour le moins normal, mais votre engagement précoce montre, démontre, que nombre de jeunes, savent, comme je le disais l’année dernière et à cette même tribune, que les vrais héros s’appellent Victor Schoelcher, Albert Schweitzer, Nelson Mandela, Mère Thérésa ou même Daniel Balavoine, en tout cas, ceux qui ont consacré ou consacrent leur vie, ou une grande partie de leur vie, à ce que le monde connaisse un peu plus d’humanité, et savent que leurs actions méritent, d’une façon ou d’une autre, à quelle qu’échelle que ce soit, d’être continuées.  

« Magny, Ville d’Europe, Ville du Monde », c’est sous ce vocable, qu’autour de Geneviève Gomez, Micheline Droit, Conseillères Municipales et de Claude Moreau, Adjoint au Maire chargé de la Jeunesse et des Associations, nous allons nous engager plus avant sur le chemin de la Solidarité Internationale, tant nous pensons que c’est là notre devoir. 

Pas que nous changerons le monde, mais ce sera là notre pierre et que pour construire un monde meilleur pas une pierre ne doit manquer, sans qu’il soit besoin de prétendre à constituer soi même la clé de voûte du changement.

Alors que 5% de la population mondiale contrôle la quasi-totalité de la fortune boursière mondiale, la plupart aux Etats-Unis, c’est, à l’échelle de la planète, 800 millions de personnes qui ont faim, ce sont, en Afrique, plusieurs pays moribonds qui, de fait, poussent des dizaines de milliers d’hommes et de femmes à nos portes, des hommes qui préfèrent, et qui n’a pas ces images encore présentes à l’esprit, tenter leur chance vers la vraie vie, la nôtre, quitte à mourir empalés sur les grilles ou les grillages de la frontière d’Espagne à  Melilla, plutôt que de se résigner, pour eux et leurs familles, à une misère dont nous, heureux Occidentaux, même si nous ne vivons pas tous dans l’opulence, bien au contraire pour certains, ne pourront jamais prendre toute la mesure.

« Va au large » disait l’autre jour à Magny, à ses « administrés », je ne suis pas croyant, je ne sais pas quel est le terme exact, à ses administrés donc, l’Evèque de Pontoise à l’issue de sa visite pastorale dans le Vexin. Les propos religieux, cher Stanislas, je me permets exceptionnellement de vous appeler comme cela, ne sont pas d’ordinaire ma référence, mais, oui !, je voudrais que chacun fasse sienne cette invitation, sous la forme qui lui conviendra, et au-delà naturellement de celui qui l’a prononcée, aille vers l’autre, prenne sa part dans la vie de la cité, dans l’organisation du monde, ne serait ce, que celui qui est tout près de lui, pour que le mot « solidarité » devienne autre chose qu’un mot ou une exception, autre chose qu’une goutte dans un océan d’indifférence, parce que comme le disait Albert Schweitzer,  Prix Nobel de la Paix et militant humanitaire, avant l’heure, à Lambaréné au Gabon et je me plais à le redire cette année encore, « L’avenir du monde dépend de ce que chacun s’efforce, dans le milieu où il se trouve, de témoigner à d’autres une véritable humanité. »

Jean-Claude Irvoas.

Ce nom ne vous dit vraisemblablement rien. Je ne le connais pas non plus. Je ne sais même pas si je prononce correctement son nom.

J’ai, malgré cela, sans sensiblerie exacerbée, sans céder à l’angélisme ou la mièvrerie, et sans rien dire, pensé à lui, à sa famille, aux moments les plus doux de ces fêtes de fin d’année.

Jean-Claude Irvoas est cet homme « massacré », c'est-à-dire tué, à coups de poings et de pieds, devant sa femme et sa fille par trois « barbares », comment les appeler autrement, alors qu’il photographiait, pour son travail, les lampadaires de la rue de Marseille, cité d’Orgemont, à Epinay sur Seine.

Personne ne connaît Jean-Claude Irvoas, tout le monde connaît le triste destin qui a été le sien.

Je ne veux pas en arriver aux confidences, mais je veux vous dire, mesdames et messieurs, que j’ai vécu plus de dix ans, au n° 14 de cette rue de Marseille à Epinay, avant de m’enfuir, parce que j’ai pu partir, avide de calme, de tranquillité, de sécurité. Je ne dis pas, à mots couverts ou déguisés, que la banlieue est forcément la violence, le Vexin, toujours une citadelle de paix.

Je veux simplement dire ici, solennellement, à l’occasion de cette traditionnelle cérémonie des vœux au cours de laquelle nous échangeons des souhaits de bonheur et de réussite, où normalement nous avons toute la vie devant nous, combien il me peine, et le mot est trop faible, les mots de révolte et d’écoeurement conviendraient mieux, mais combien il me peine que pareille chose puisse encore arriver, aujourd’hui, dans notre pays.

Il va de soi que la justice dans cette affaire, par la voix d’un jury populaire, ne pourra qu’être d’une sévérité extrême. Tout simplement parce qu’il est des prédateurs qu’il faut, définitivement, mettre hors d’état de nuire.

Tout simplement aussi, parce qu’il existe et c’est presque une lapalissade, dans ces quartiers, et ils constituent le plus grand nombre, une multitude de gens qui n’aspirent qu’à vivre tranquillement, librement, librement, et je le dis pour qu’il n’y ait aucune méprise, des gens de toute origine, de toutes les couleurs, de toutes les religions.  

« Nous avons tous assez de force pour supporter les maux d’autrui ». Nous avons tous assez de force pour, quand les choses ne vont pas trop mal pour nous, oublier, pour ne pas voir, pour « faire avec » et en fait accepter que, pour certains, parce qu’ils vivent à tel endroit,  parce qu’ils sont issus de tel milieu, parce qu’ils ne sont pas les fils de telle ou telle famille, l’horizon, comme l’on dit, leur horizon, soit irrémédiablement bouché, que l’avenir, leur avenir, quand il n’est pas sombre, soit au mieux incertain.

C’est cela qui doit changer, c’est cela qui est notre responsabilité, à tous, et pas seulement celle des élus et aux politiques.

La République c’est par essence des droits et des devoirs et la méritocratie ne saurait être laissée pour compte. Mais si rien n’est possible sans sécurité dans ces quartiers et ailleurs, rien non plus n’est, nulle part, possible sans justice et, par évidence, sans justice sociale.

Un logement, un emploi, une formation.

Cela doit être, comment dire, le plus petit commun dénominateur, le « trousseau minimum » pour chaque Français. A 18 mois des élections présidentielles cela pourrait être, cela devrait être le programme, je n’ose presque pas dire, le programme commun, minimum, de chaque candidat, mais quand même, tant cela constitue ce à quoi aspire chaque Français pour lui-même, en tout cas, et comment pourrait-il en être autrement, pour ses enfants.

312, c’est le nombre de demandeurs d’emploi sur la commune de Magny, petite ville de 5600 habitants, 226 c’est, au mois de septembre, le nombre de demandeurs de logement.

Beaucoup d’entre eux fréquentent mes permanences, comme d’autres, ailleurs, fréquentent celles de leur maire respectif, ……Pour beaucoup, nous n’avons pas l’ombre d’une solution, pas l’ombre d’une réponse : la précarité et la pénurie dictent leurs lois. 

Chacun le sait, les listes sont longues de ceux qui, parce qu’ils sont hébergés chez un tiers, parce qu’ils vivent en couple chez leurs parents ou beaux parents, parce qu’ils vivent dans ce que l’on appelle pudiquement un habitat précaire, demandent un logement social.

Les listes sont longues et dès lors l’attente insupportable, à payer, lorsque l’on travaille et que l’on « ne touche pas grand-chose » un loyer prohibitif de 700, 800 euros pour un modeste appartement, qui n’a trop souvent d’appartement que le nom, mais qui fait la fortune de celui qui n’éprouve aucun scrupule, et parce qu’il en a plusieurs, à en louer autant qu’il en peut. 

Magny est belle, elle ne l’est pas pour tout le monde. Et je pense à ces jeunes couples, ces jeunes gens, du mercredi soir, à mon bureau, qui désespèrent de pouvoir vivre chez eux et qui rêvent d’être automnes par un travail et un logement.

Acheter une maison à Magny c’est aujourd’hui pouvoir, au minimum, vraiment au minimum, assumer un investissement de 180 000 euros, et certains de ceux qui peuvent se le permettre souhaitent que leur maison soit la dernière construite, que leur maison soit la dernière et cela, pardonnez moi de le dire, même si tout le monde est bouleversé d’émotion lorsqu’un drame décime des familles entières de mal logés. Cela parce que des esprits chagrins, aux arrières pensées pour le moins peu avouables, laissent entendre ou plutôt répandent, comme un dogme, comme la vérité, surtout s’il s’agit de logements appelés à être loués, que tout logement supplémentaire engendrera automatiquement, et désagréments, et insécurité.

Mesdames et messieurs, ne voyez dans mes propos, aucun catastrophisme, aucun misérabilisme, aucune démagogie, aucune arrière-pensée, naturellement aucune leçon donnée.

Et dans cet exemple du logement ne voyez qu’un exemple, parce que je n’ose pas dire l’illustration, des principales questions à propos desquelles les Français, et par là même les Magnytois et beaucoup d’habitants du canton, attendent une réponse.

C’est parce qu’il a été très longtemps l’immeuble qui a accueilli les instituteurs et institutrices qui bénéficiaient de, par la loi, d’un logement du fait de leur affectation professionnelle dans la commune, que l’immeuble du boulevard de la République, qui jouxte l’école Anne Frank peut être appelé « l’immeuble des instituteurs  »; mal entretenu, maltraité aussi par certains locataires après qu’il ait été abandonné par ses premiers occupants, il va dans le cadre de l’opération menée avec le Pact-Arim bénéficier d’une réhabilitation lourde qui permettra d’offrir 8 logements aux jeunes Magnytois, 8 logements qui viendront s’ajouter d’abord aux 12 de l’opération, de même type, du 16 de la rue de l’Ecole où nous achetons un lot d’immeubles, ensuite à ceux de l’immeuble de l’ancienne école de la rue de l’école qui conservera son aspect extérieur mais dont l’intérieur sera également transformé en logements proposés aux Magnytois pour un loyer tout à fait abordable.

Ces actions ne pourront naturellement donner satisfaction à tous les demandeurs de logement magnytois mais elles y contribueront sans grever les finances communales, et ce sera là, notre première, mais pas unique, vraie réponse à cette question, à cette crise du logement qui, oblige nos jeunes à aller vivre ailleurs que chez eux.

De question, l’emploi en est une autre, toute aussi aigue, tout aussi synonyme de drames humains et le mot n’est pas trop fort. 1 Français actif sur 10 est au chômage, un jeune sur quatre, 70% des embauches se font désormais en Cdd et en intérim.  

Là aussi, l’équipe municipale que j’anime et conduis, essaie de prendre toute sa part, toutes ses responsabilités.

Nous avons donc fait en sorte qu’en la matière, de par les nouveaux services majeurs qu’elle a mis en place depuis 2001, de par ceux qui existaient et qu’elle a développés, augmentant ses effectifs de façon sensible, de par sa politique de soutien et de collaboration avec le CRMVO, l’entreprise de réinsertion dirigée par Marc Claudel, qui va, cette année, employer 8 personnes de Magny, jeunes, demandeurs d’emploi, rmistes, la ville contribue, à sa place, mais sans complexe, au combat pour l’emploi.

Ne pouvant et n’ayant pas vocation à embaucher au-delà de ses besoins et moyens, nous avons, par ailleurs, sous l’impulsion de Jean-François Picault, 1er Adjoint au Maire chargé du développement économique, initié, soutenu, accompagné, le développement économique de la ville, aujourd’hui, pour le moins, visible, ne serait ce que sur le Parc d’Activités de la Demi-Lune, développement économique local générateur d’emplois locaux.   

Avant notre arrivée aux responsabilités, avant que Jean-François Picault ne s’en occupe, Tim-Bus, CD Presse, Aldi Marché, Ged, MV Bois, Pouguet, Turbo-Magny, Equip A n’existaient pas, les emplois qui vont avec pas davantage; avant, et pour exemple, parce qu’il y en a d’autres, que la crèche n’ouvre, les 13 emplois d’agents, d’infirmières, d’auxiliaires de puériculture n’existaient pas non plus.

C’est là aussi notre participation, cette fois ci, contre la précarité et pour l’emploi.

A l’aube de cette année 2006, notre démarche ne s’arrêtera cependant pas à ce qui a été fait. Et cela parce que, si depuis 2001, beaucoup a été fait, (au point que nous oublierions presque  nous mêmes dans quel état se trouvait la commune à l’époque) beaucoup reste à faire, et cela parce que si nous savons que tout ce qui n’a pas été fait, des décennies durant, ne pourra être fait ou rattrapé dans les deux ans qui viennent, nous gardons la volonté indéfectible de faire. Il sera donc fait encore beaucoup d’ici 2008.

Pour renforcer son attractivité la Zone d’Activités Economiques des Aulnaies sera ainsi réhabilitée, celle de la Demi-Lune développée dans le cadre de l’extension d’une deuxième tranche vers Charmont, pendant que verront le jour, et après le Complexe Sportif Jesse Owens, la réhabilitation du quartier ancien de l’église, les city-stades, la bibliothèque municipale George Sand),  d’autres grands projets que sont la construction de l’école de danse, celle d’arts martiaux à l’Espace Nelson Mandela, la réhabilitation du boulevard de la Tour Robin, celle du boulevard Dailly, de l’allée Salvador Allende, la 3ème phase des travaux du stade Paul Chéron, la réhabilitation lourde de l’école Anne Frank, l’aménagement du Parc de la Rosière, du parc de la ville et celui du parking du boulevard des Ursulines,... sans que tout cela obère l’accent que je souhaite désormais voir mis, de façon plus forte encore, sur les améliorations à apporter au quotidien : petits travaux de voirie, propreté de la ville, entretien de l’éclairage public, signalisation verticale et horizontale, fleurissement, entretien des espaces verts,…

Comme les années précédentes, et comme je l’ai dit à plusieurs reprises, ces projets de la Majorité Municipale s’inscriront dans une politique qui n’appellera pas, cette année encore, et pour la sixième fois consécutive, d’augmentation des impôts locaux, non pas que nous fustigions l’impôt qui reste pour nous le 1er acte citoyen, le 1er acte de solidarité mais parce que si mener une politique d’investissements tous azimuts sans augmenter les impôts tout en limitant au plus juste (et en restant à chaque fois bien en dessous du coût réel) les augmentations des tarifs des services municipaux dont beaucoup sont par ailleurs gratuits, n’est pas chose facile, n’est pas pour autant chose impossible.

Comme n’a pas été, dans le contexte d’investissements rappelé, chose facile mais pas chose impossible de redresser, en 4 ans et demi, la situation financière de la ville.

Situation préoccupante en 1998, très bonne en 2004, titre cette semaine, pour Magny, l’Echo Régional dans ses colonnes consacrées à la dette des communes du Val d’Oise. Son analyse, parce que les chiffres sont les chiffres et les chiffres la réalité, est aussi la nôtre, celle des services fiscaux, qui s’inscrivent en faux contre toutes les allégations péremptoires distribuées sur les pauvres papiers jaunes que d’aucuns connaissent.  

Nous pouvons être fiers de la situation financière qui est la nôtre, des choix qui marquent notre volonté en termes budgétaires et que sont donc le maintien de la pression fiscale, autrement dit, l’absence d’augmentation des impôts locaux, la poursuite de la maîtrise de l'endettement, l’actualisation des tarifs des services en fonction de l'évolution de leur coût (avec prise en compte des quotients familiaux), l’amélioration de l'autofinancement assortie de la maîtrise des dépenses de fonctionnement qui font que l’état de la dette est aujourd’hui inférieur 400 000 euros, que le budget 2005, c’est une dette qui représente 42 % de celle de 1998, 54 % de celle de 2001, que pour l'amortissement des immobilisations, qui est la seconde ressource d'autofinancement, 84 000 euros sont dégagés pour le renouvellement du patrimoine, c'est à dire quatre fois plus qu'il y a cinq ans, qu’un plan d'annulation des titres irrécouvrables a été mis en œuvre pour 15 500 euros en 2004 et 12 770 euros en 2005, que pour ce qui concerne l'autofinancement, le fonctionnement étantmaîtrisé, il s'élève aujourd’hui à plus de 1 million d'euros alors qu’avant 2001, le prélèvement du fonctionnement vers l’investissement ne représentait que 60 % du capital de l'emprunt. Aujourd'hui c'est trois fois et demi le remboursement du capital

Je le disais à l’instant les chiffres sont là : sur 10 ans de 1998 à 2007 la dette diminue de plus de 50% . En forte diminution entre 2001 et 2004, elle est désormais stabilisée à 6,5% des recettes de fonctionnement, alors qu’elle représentait près de 20% de ces mêmes recettes en 1998!! Dit d’une autre façon en examinant la capacité de la Commune à s’endetter (donc ses ressources) c’est bien par 3 que la dette a été divisée depuis que nous sommes arrivés aux responsabilités en 2001.

Au-delà des chiffres ce sont là les outils indispensables qui nous permettront de poursuivre le service rendu aux Magnytois et la continuation de la politique de réhabilitation de la ville entreprise depuis maintenant bientôt cinq ans.

Un logement, un emploi, une formation.

En matière de formation, d’éducation, notre canton est désormais, avec l’ouverture du collège de Bray et Lû, à la rentrée scolaire de septembre dernier, entré dans une ère nouvelle. Après des craintes, des appréhensions d’ailleurs souvent mal fondées le deuxième collège du canton de Magny qui sera inauguré le 23 février, fait, madame le maire, chère Corinne que nos enfants bénéficient maintenant de deux collèges, selon l’expression de Ségolène Royal, à taille humaine, et donc de conditions de travail et d’études considérablement améliorées.

7,5 millions d’euros pour le collège de Bray-Lu, le futur collège Rosa Bonheur. L’Assemblée départementale a, dans notre canton, en  matière d’éducation investi tous azimuts tant en matière de transport, qu’en termes d’aménagement, de réhabilitation ou d’investissement et, au sens noble de l’expression, sans compter. Ce n’est pas rien. Il convient de le saluer.

Cette nouvelle ère sera aussi celle du lycée du Vexin à Magny.

Aujourd’hui après le vote du Conseil Régional le 13 décembre 2001 qui marquait l’accord de la Région Ile de France pour la construction de l’établissement, nous prenons acte de l’engagement du Gouvernement de mettre, à travers la décision, le 6 juin 2005, du Conseil Inter académique d’Ile de France, adoptant la Liste Annuelle d’Opérations sur laquelle figurait le projet du Lycée Polyvalent et Agricole de Magny en Vexin,  à disposition les personnels pour que le lycée puisse enfin voir le jour.

Cela dit je regrette naturellement que monsieur le maire de St. Gervais ait exprimé son opposition à la construction du lycée du Vexin à Magny à l’endroit réservé au Pos depuis maintenant plusieurs années au motif qu’il se situerait devant le cône visuel de St. Gervais, suivi en cela par monsieur Jeffroy, l’Architecte des Bâtiments de France, préconisant de le réaliser dans la Zone d’Activités Economiques de la Demi-Lune, monsieur Jeffroy indiquant, quant à lui, qu’une implantation sur les terrains vierges situés entre Magny proprement dit et le hameau d’Arthieul serait plus judicieuse.  

Ces prises de position ne changeront rien, les décisions sont prises. Le lycée du Vexin verra le jour et comme l’avait indiqué le Président de la région Ile de France, Jean-Paul Huchon, lors de ses différentes visites à Magny, fera l’objet d’une construction de Haute Qualité Environnementale. Le paysage vexinois auquel nous sommes tous très attachés, ne souffrira donc et en aucune façon de l’implantation à l’endroit retenu où nos jeunes, « débarrassés » de ces longs, pénibles, fatigants, fastidieux, et pour le moins coûteux trajets vers Cergy, auront enfin des conditions de travail et d’études satisfaisantes.

Cela ne changera rien et je veux donc vous rassurer à nouveau ceux qui, alertés, m’ont interrogé, même si dans cette affaire, j’aurais préféré que les élus du canton parlent d’une même voix.        

Le lycée du Vexin verra le jour à Magny et je me félicite, monsieur le Député, que, pour ce dossier, nous ayons pu et su, dans le temps, conjuguer nos efforts pour faire échec tant aux obstacles qu’aux pesanteurs.

Il est sain et je le dis très sincèrement que parfois sur l’échiquier politique, nous sachions, dans le souci de l’intérêt général, privilégier ce qui nous réunit plutôt que ce qui nous différencie.

Nous le disions hier, aux vœux d’Arthies, là où il y a une volonté, il y a un chemin Le chemin a été long, la pente, comme dirait quelqu’un, a été raide, mais nous entendrons bientôt, lacloche ou la sonnerie appeler nos lycéens aux cours à Magny.

Privilégier ce qui nous réunit, privilégier l’intérêt général, je désespère de voir cela devenir, pour tout le monde, une réalité à Magny où par deux fois des élus de la majorité municipale, d’abord un de mes adjoints, le 27 juin 2003, puis un de mes conseillers municipaux, le 15 décembre dernier, ont, en plein conseil municipal, été agressés physiquement par des gens de l’opposition.

Cela n’est naturellement pas admissible et si je ne veux pas ici développer davantage, cérémonie des vœux oblige, je voulais simplement rappeler qu’il est des gens qui ont, à propos de la démocratie et du respect du vote de leurs concitoyens, une drôle de façon de concevoir les choses.

J’ai voulu, monsieur le Député, mesdames et messieurs, parce que je pense qu’il n’y pas de degré dans l’atteinte à la démocratie et au respect de l’autre. Il n’y pas dans ce domaine d’accroc anodin.

Le fascisme commence toujours par de petites choses. Et le démocratie ne sera jamais assez protégée, assez préservée.

Et je me tourne vers vous, chère Maryam Radjavi. Nous connaissons le combat qui est le vôtre, celui des Moudjahiddines du Peuple, contre le régime des mollas en Iran, ces religieux fous qui appellent à la peine de mort, à la lapidation, à la dénégation du droit des femmes tout autant qu’à celle des Droits de l’Homme.

Vous savez combien je soutiens, avec d’autres, beaucoup d’autres, votre combat pour, je reprends le terme, mettre hors d’état de nuire, un gouvernement dont le président appelle à rayer de la carte l’état d’Israël.

Ses propos comme l’éventualité que ces gens puissent disposer de l’arme nucléaire nous remplissent d’effroi.

Mais je vous l’ai dit, il y a une semaine à Pontoise, tous les murs finissent un jour par tomber, souvent d’ailleurs sans qu’aucune fissure n’annonce leur effondrement. Je ne doute donc pas, Madame la Présidente, qu’à votre tour, vous nous accueillerez un jour prochain, Téhéran, sur la place de la Liberté..

Cette liberté dont d’autres de nos amis ont si longtemps été cruellement privés et qui je l’espère, vont élire tout à l’heure, Michèle Bachelet, président de la république du Chili.              

S’il existe d’autres richesses que l’or et l’insolence , le monde est plus pauvre aujourd’hui, disait François Mitterrand, le 11 septembre 1973 lorsqu’il apprenait, suite au coup d’état du général Pinochet, la mort du président chilien Salvador Allende.

Monsieur le Député, monsieur le Sénateur, mesdames et messieurs, faisons en sorte là où nous sommes que le monde soit riche de nos différences, soit riche de la volonté et du bonheur de faire et de vivre ensemble.

C’est le vœu que je forme pour 2006, pour que nous ayons tous, non pas la force de supporter les maux d’autrui mais celle d’agir pour les diminuer et les estomper.

Voilà mesdames et messieurs, ce que je voulais vous dire, pas tout ce que je voulais vous dire, mais je vous ai en tout cas livré ce qui me tenait à cœur.  

Avant de vous inviter à nous retrouver autour du verre de l’amitié, je vous renouvelle à toutes et à tous , mes meilleurs vœux de bonne et heureuse année 2006 dans un monde, vous l’avez compris, que j’espère en paix, dans une France que je souhaite plus juste et plus solidaire.

Bonne année. 

 

par Jean-Pierre Muller publié dans : Magny-en-Vexin
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Mercredi 21 décembre 2005
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