Mardi 20 février 2007

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par Jean-Pierre Muller publié dans : Magny-en-Vexin
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Mardi 20 février 2007
Jean-Pierre MULLER
Maire de Magny en Vexin
Conseiller Général du Val d’Oise


Discours des vœux
Magny en Vexin – 14 janvier 2007

Monsieur le Ministre
Madame la Ministre
Mesdames et Messieurs les Conseillers Généraux
Mesdames et Messieurs les Conseillers Régionaux
Mesdames et Messieurs les Maires
Mesdames et Messieurs les Elus
Mesdames et Messieurs les Représentants des Autorités civiles, militaires et religieuses
Madame la Présidente du Conseil National de la Résistance Iranienne, chère Maryam Radjavi
Mesdames et Messieurs
Cher(e)s ami(e)s
Chère Irène Hayoz


19, 30, 15, 23, 9, mais plus souvent des chiffres qui représentent plusieurs dizaines : 35, 44, 52. Que sont ces nombres égrenés en ce début de discours? Ils pourraient constituer des références heureuses, légères, propres à ce moment d’aujourd’hui, à ce lendemain de fêtes de Noël et de Nouvel An, à cette trêve des confiseurs qui fait qu’on oublie un temps, ne serait ce qu’un court moment, nos différences et nos désaccords, pour quelques heures de concorde, de bonheur et de joie partagés.

35, 44, 52, 23, ce sont des exemples des chiffres qui, quotidiennement, sur les chaînes d’information permanente, défilent au bas de l’image de nos téléviseurs. C’est le nombre de morts, victimes des attentats perpétrés, chaque jour à Bagdad. Ils défilent, défilent et n’en finissent plus de défiler avec leurs cortèges d’images d’horreur et d’atrocités, corps, pour certains pas encore sortis de l’enfance, déchiquetés, calcinés, mutilés, broyés, éclatés, ils défilent avec, sans qu’on puisse en prendre toute la mesure, leurs cortèges de drames personnels et familiaux, de drames humains tout simplement même s’il n’existe, là bas, plus guère d’humanité. Ils défilent sans plus retenir, vraiment, pour ne pas dire sans plus retenir du tout, notre attention, notre intérêt ou notre compassion, tant ils sont, loin de nous, devenus habituels et par là même anodins.

Riches de promesses, les années 2000 annonçaient pour le monde des jours meilleurs, les hommes et les femmes de ma génération, celle de nos parents, et un de mes fils se moquait de moi lorsque, nostalgique, j’y faisais, en ce début de siècle, trop souvent référence, attendaient les ballets de voitures volant dans les airs, en tout cas ne doutaient pas de l’avènement d’une société où de gentils robots déchargeraient les humains de toutes leurs tâches ingrates pour une vie meilleure partout sur la planète. Et ceux qui n’y croyaient pas vraiment, et forcément il y en avait, n’étaient pas, malgré tout, sans attendre un monde meilleur pour tout le monde. «Un monde meilleur pour tout le monde». Une belle formule qui aurait pu devenir une belle réalité.

Les promesses du 21ème siècle n’ont pas été tenues.

Jamais nous n’avons été capables de faire d’aussi belles choses qu’aujourd’hui, jamais notre intelligence collective n’a été capable de construire, d’inventer, d’imaginer autant de nouveaux concepts, autant de produits nouveaux, d’outils nouveaux qui forcent l’admiration et nous font dire que c’est pratiquement là de la magie, jamais cependant, alors que nos sciences et que notre technologie franchissent, les unes après les autres, toutes les frontières, jamais la barbarie n’a été aussi présente, et dans nos vies, et dans nos sociétés. Je dis: et dans nos vies et dans nos sociétés, parce que le monde occidental qui est le nôtre n’en est pas, lui non plus, totalement, épargné.

L’année dernière à cette même tribune, je rendais hommage à Jean-Claude Irvoas, cet homme tué, à coups de poings et de pieds devant sa femme et sa fille, alors qu’il photographiait, pour son travail, les lampadaires d’une rue à Epinay sur Seine, et cela parce qu’il dérangeait, sans le savoir, les activités mafieuses de quelques malfrats occupés à leur trafic de drogue.
Alors que nous nous demandions, les uns et les autres, comment pareille chose pouvait arriver en 2005, chez nous, dans notre pays, je croyais alors, à travers mes propos, fustiger la barbarie à son paroxysme.
2006 m’a donné tort. « Annus horibilis ». 2006 a vu, chez nous, l’horreur succéder à l’horreur, la barbarie succéder à la barbarie et je pense naturellement à la jeune Mama Galédou, qui heureusement va mieux, gravement brûlée dans l’incendie volontaire d’un autobus à Marseille, je pense au jeune Ilan Halimi, victime du « gang des barbares » comme ils se désignaient eux-mêmes, découvert à Ste Geneviève des Bois, nu, bâillonné, torturé, brûlé vif, agonisant après avoir été enlevé et séquestré parce que juif, «juif» synonyme de proie forcément fortunée pour ses ravisseurs, bourreaux antisémites tout autant sans foi ni loi que dépourvus de la plus petite once d’humanité.

D’autres drames tout aussi bouleversants ont marqué l’année 2006 dans notre pays, d’autres drames que ceux vécus quotidiennement en Irak ont, dans le même temps, marqué le monde du fait de la volonté de l’homme ou de la nature.

Je pense naturellement à la tragédie du Darfour, aux images et aux scènes de désolation et de barbarie qui y sont rattachées, à ces villages rasés, à ces terres brûlées et à ces champs incendiés, à ces 2 millions et demi de personnes déplacées, « réfugiées », à ces femmes et à ces fillettes violées avant d’être transformées en torches humaines, une fois le feu mis au coton imbibé d’essence enfoncé dans leur gorge, à ces 300 000 morts recensés depuis le début du conflit en 2003. Je pense naturellement au Liban dont le nom de la capitale Beyrouth est redevenu dans le langage courant synonyme de destruction et de dévastation et qui, comme le dit le leader de la communauté druze, le chef du Parti Socialiste progressiste, Walid Joumblatt, n’aspire qu’à la paix, à la liberté et à l’indépendance. Je pense naturellement à Pierre Amine Gemayel. Je pense naturellement à Ingrid Bétancourt toujours retenue en otage par les Farc dans la jungle de Colombie. Ingrid Bétancourt, devenue l’année dernière, par la volonté du Conseil Municipal, citoyenne d’honneur de la ville, dont le portrait géant, dès demain, va retrouver sa place sur la façade de l’hôtel de ville. Je pense naturellement aux inondations meurtrières en Indonésie, aux pauvres hères africains échoués sur les plages des Iles Canaries au milieu des baigneurs en vacances bouleversés par tant de misère et de détresse.
Si je devais être exhaustif la liste serait longue, vous le savez, dramatiquement longue.

Année 2005, année 2006, les précédentes, 2007, demain 2008, serai-je chaque année, à l’occasion de cette cérémonie des vœux, si je veux ne pas la cantonner à des questions strictement locales ou municipales et parce que le monde aura, à chaque fois, tourné, une fois de plus, à l’envers, serai-je, à chaque fois, contraint, à travers quelques exemples tragiques, serai-je obligé de rappeler la folie et la cruauté des hommes, leur barbarie devenue le dénominateur commun de la planète?

Chère Irène Hayoz, chère Maryam Radjavi, mesdames et messieurs, de tout mon être, de tout mon cœur, j’ose espérer que non.

Chère Irène, je vous ai demandé d’être ce matin, mon invitée d’honneur. Peut-être parce que comme l’on dit désormais « est maintenant venu le temps des femmes » mais surtout parce qu’à l’âge de 20 ans, 22 ans exactement, l’âge pour beaucoup de l’insouciance, des études, de la vie devant soi, de toute la vie devant soi au milieu des siens, de sa famille, de ses amis, au côté de son fiancé, vous étiez, parce que juive, déportée par les nazis au terrible camp de concentration d’Auschwitz. Le 8 mai dernier ici même, avant la projection du film « Au revoir les enfants » vous nous avez fait l’honneur et l’amitié de venir ici raconter l’arrestation des vôtres, les coups, les humiliations avant le transfert vers les camps, l’entassement dans les wagons, la mort à côté de soi, les coups encore et les morsures de chien à l’arrivée, la nudité imposée avant d’être tondu, rasé, ( même si vous avez été une des rares à ne pas l’être) la mort dans la chambre à gaz, la mort sous les coups ou la mort au travail, peut-être plus cruelle encore, au travail sensé rendre libre « Arbeit macht frei », vous nous avez raconté les cris de terreur, d’effroi, de panique, les pleurs hystériques étouffés par le fouet, le bâton, la schlague, les enfants séparés de leurs parents, les enfants arrachés à leur mère, les mères et les pères, les enfants, les familles que l’on sépare, que l’on anéantit, que l’on détruit
Vous avez vécu chère Irène, il y a maintenant plus de 60 ans, ce que nous ne voulons plus pour le monde, ce que nous ne voulons plus pour personne.
Et nous savons que vous saurez parfaitement le dire aux lycéens que vous accompagnerez là-bas, en Pologne, le mois prochain. Merci d’être là. Merci de m’avoir offert votre livre.
Les camps d’extermination nazis, la Shoah, l’Holocauste, c’est-à-dire l’organisation méticuleuse, rigoureuse, méthodique, scientifique de la mort d’hommes et de femmes par d’autres hommes et d’autres femmes à une échelle industrielle, il en est encore, à le nier. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui appelle à rayer l’Etat d’Israël de la carte, est de ceux là.
Madame la Présidente du Conseil National de la Résistance Iranienne, chère Maryam Radjavi, vous étiez des nôtres l’année dernière, nous sommes à nouveau honorés et ravis que vous ayez bien voulu, cette année encore, répondre à mon invitation. Tout le monde connaît désormais le combat qui est le vôtre, celui des Moudjahiddines du Peuple, contre le régime des mollahs en Iran, ces religieux fous, cruels et fanatiques qui appellent à la peine de mort, à la lapidation, à la dénégation du droit des femmes tout autant qu’à celle des Droits de l’Homme. La décision, dans un arrêt sévère, de la Cour de Justice des Communautés Européennes de Luxembourg en date du 12 décembre dernier annulant la décision de 2002 plaçant l’Ompi sur la liste des organisations terroristes, la résolution 1737 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, montrent, si besoin était, le bien-fondé et la légitimité de votre engagement. Je redis ici combien il faut veiller, combien il faut faire en sorte qu’un tel régime ne dispose par de l’arme nucléaire, pas plus que du nucléaire civil qui ne saurait être autre chose qu’une étape vers la première. Madame la Présidente, et comme nous le disions l’autre jour à Auvers à l’occasion aussi du Nouvel An, madame la Présidente, c’est une formule que nous sommes quelques uns ici, les autres voudront bien avoir l’amabilité de nous pardonner cette confidence, à apprécier tout particulièrement au présent et par anticipation, je vous l’ai dit plusieurs fois déjà, tous les murs finissent par tomber et je sais qu’un jour prochain, un jour de paix, de liberté, d’égalité et de fraternité, c’est en tant que Présidente de la République d’Iran que vous nous accueillerez à Téhéran, enfin débarrassée de l’obscurantisme qui, outre la liberté et la démocratie, broie les talents et les intelligences de votre pays.

La barbarie des hommes, d’aucuns pourraient s’interroger quant à la pertinence d’aborder ce thème, ici, ce matin, à l’occasion de la cérémonie des vœux.
Œuvrer pour faire en sorte que ses administrés vivent mieux ensemble, plus confortablement, est certes louable, c’est bien, dirais-je plus simplement, mais cela ne suffit pas et c’est là le sens de mon propos d’aujourd’hui.
Il convient et principalement pour les élus, d’aller au-delà de la gestion des services, de dépasser les aspects matériels, et cela même s’ils gardent les uns et les autres, toute leur importance.
Car il est à mon sens, de la responsabilité des élus, mais aussi de notre responsabilité, de notre devoir à tous, d’œuvrer là où nous sommes, au degré de responsabilité qui est le nôtre, avec l’influence qui peut être la nôtre, avec l’exemplarité du comportement qui peut être le nôtre, d’œuvrer pour que vivre ensemble et en paix sur cette terre ne reste pas une utopie.

Olivier Wendell Holmes, chère madame Godec, le dit formidablement bien: «L’essentiel en ce monde, n’est pas l’endroit où nous sommes, mais la direction dans laquelle nous marchons», et cela même s’il est plus facile de marcher quand on est une jeune femme ou un jeune homme occidental qu’une jeune fille de la caste des Intouchables en Inde ou un jeune garçon des favelas de Rio ou des townships de Prétoria.

Cela dit, loin de moi l’idée de vouloir perpétuer la mémoire de l’horreur ou d’en égrener le chapelet mais bien celle de m’inscrire dans la démarche visant à apprendre aux générations futures, et elles sont représentées ici ce matin, à être vigilants, à défendre les valeurs démocratiques, à combattre l’intolérance de façon à ce que chacun prenne conscience que le mal absolu existe et que le relativisme n’est pas compatible avec les valeurs de la République.
De façon à ce que chacun de nos jeunes, tout au long de sa vie, soit l’ambassadeur des valeurs d’humanité et de tolérance qui font vraiment l’homme, que chacun d’entre eux, tout au long de sa vie, les applique modestement au quotidien et ne succombe jamais aux sirènes du fascisme, fusse t-il religieux, fussent-elles représentées sous forme policées, dans certaines de nos assemblées.
Car jamais nous ne répèterons assez que la haine ne doit pas avoir d’avenir, que la paix n’est jamais éternelle, que la paix nous ne l’avons jamais pour toujours, la liberté pas davantage d’ailleurs, que la paix se construit encore davantage que la guerre, qu’elle est toujours fragile, quelque soit l’endroit du monde, quels que soient les hommes, que ce qui nous paraît aujourd’hui naturel, pour le moins, ne l’était pas, il y a très peu de temps encore. Comme vous pouvez en témoigner, chère Irène Hayoz, et comme vous en avez témoigné par écrit dans votre ouvrage intitulé « une survivante », toute l’histoire du monde en témoigne.
Comme vous pouvez témoigner, madame la Présidente, que ce qui nous paraît naturel ici chez nous, à Magny, en France, en Europe, n’est en rien une réalité ailleurs, en tout cas dans nombre de pays du monde.

« Je continue, malgré tout à croire en la bonté innée de l’homme », je veux, après tous ces propos, partager le sentiment d’Anne Frank écrit dans son journal le 15 juillet 1944 et vous dire, mesdames et messieurs, combien les vœux des enfants qui participent à l’atelier d’arts plastiques d’Elisabeth Kubiszyn m’ont touché. J’ai eu la faiblesse d’apporter, sur cette tribune, leur carte, pour le moins peu ordinaire. De par sa taille vous ne pouvez pas ne pas la voir. Leurs mots, même du premier rang, vous ne pouvez les lire, sachez cependant que tous ou presque expriment leur souhait d’un monde meilleur. Dès lors, sans sensiblerie, sans angélisme, je veux croire que ces nouveaux enfants du monde ne nous décevront pas et croire que tous les autres où qu’ils soient, si tant est que leurs familles, car tout commence par la famille, leur donnent l’éducation, l’affection, l’amour qu’ils doivent avoir, ne nous décevront pas non plus.

L’amour, l’affection, l’éducation. L’éducation. Alors que nos deux collèges du canton, Claude Monet et Rosa Bonheur respectivement représentés ce matin par monsieur Dumont et madame Dingemans, vivent maintenant au rythme, comme les appelait Ségolène Royal, d’établissements à taille humaine, et pour revenir à des préoccupations plus locales, je veux saluer la décision du Préfet du Val d’Oise, Christian Leyrit, qui, après enquête publique, a dans son arrêté du 7 août 2006, déclaré d’utilité publique l’acquisition des terrains nécessaires à la construction du lycée polyvalent et agricole. Plus aucun obstacle administratif ne s’opposant donc désormais à son implantation, aucun accord amiable quant à l’achat des terrains n’ayant pu être trouvé avec les propriétaires, la ville a désormais engagé la procédure d’expropriation pour que nos enfants connaissent enfin des conditions d’étude satisfaisantes.
Je veux ici remercier tous ceux qui courant 2005, ont bien voulu, venir, en mairie de Magny, signer la pétition visant à accélérer de la part du Gouvernement, la décision de principe de mettre à disposition les personnels appelés à exercer dans le futur lycée polyvalent et agricole du Vexin dont la décision de construction avait été adoptée par le Conseil Régional d’Ile de France en décembre 2001. Comme je souhaite aussi remercier tous ceux qui, à un moment ou à un autre, ont exprimé leur soutien dans cette affaire, tant les oppositions au projet ont été féroces, pas toujours menées au grand jour d’ailleurs, arguant et de la préservation du paysage, et du danger qu’allaient constituer, pour l’endroit, nos enfants assimilés à de véritables prédateurs. Parce que les 6000 signataires de la pétition n’aiment pas moins le Vexin que ceux qui s’en sont autoproclamés les défenseurs patentés, parce que les futurs élèves de cet établissement ne sont rien d’autre que nos enfants et qu’ils n’ont rien à voir avec les mauvaises conduites qu’on leur a injustement et d’office attribué, la raison l’a heureusement emporté. Dès lors, permettez moi; d’avoir, à cet instant, une pensée particulière pour Manuel Valls, aujourd’hui Député-Maire d’Evry, alors, en 1998, 1er Vice-Président du Conseil Régional d’Ile de France et Conseiller du 1er Ministre mais aussi pour Martine May-Godard, chargée de mission auprès du Vice-Président Chargé des Lycées, que personne ici ne connaît mais qui, dans l’ombre, ont œuvré sans relâche et parfois avec un culot monstre pour ce qui concerne Martine May-Godard, pour que les choses avancent. Je souhaite qu’ils soient mis à l’honneur le moment venu.

425 000 euros c’est le coût d’acquisition des terrains estimé le 3 novembre 2006 par le service des domaines, c’est le montant qu’assumera à elle seule, la ville de Magny aux fins de ne pas perdre un instant dans le processus final maintenant engagé. Les communes dont les jeunes fréquenteront l’établissement ne pourront, je crois, que s’en féliciter. Celles du canton dont les enfants fréquentent le collège de Bray et Lû, qui ont dit, par ailleurs, leur volonté de ne pas participer au financement du gymnase y afférant, pourront trouver là l’opportunité de réviser leur position, l’économie à réaliser sur une participation qui, somme toute, aurait été logique devant se révéler, à n’en pas douter, substantielle.

Sur la base des 80/20, 80% sur la base de la population, 20% sur la base du nombre d’élèves fréquentant le collège, le financement du gymnase Rosa Bonheur, évalué à un peu plus d’un million d’euros, représenterait en termes d’investissement sur 20 ans, et pour exemple, 200 euros par an pour une petite commune, 1400 pour une grande commune (à l’échelle du canton) comme Bray et Lû, St. Clair ou Vétheuil.
La construction d’un deuxième collège dans le canton a constitué un effort important du Conseil Général, je ne comprendrais pas que les communes aujourd’hui réticentes ne changent pas d’avis. Un deuxième collège dans le canton ne constituait pas un luxe, un lycée dans le Vexin ne constitue pas un luxe non plus, mais bien une nécessité, un gymnase pour le collège de Bray et Lû en constitue une tout autant. Encore une fois, je ne comprendrais pas que l’on puisse prétendre à l’intercommunalité alors que le repli sur soi, l’égocentrisme qui plus est au détriment des ses propres jeunes, primeraient sur l’intérêt général. Car très franchement, si les communes de ce canton ne parviennent pas à s’accorder sur un sujet par essence aussi consensuel, a priori, que celui là, qui peut dire sur quoi elles pourraient, un jour, se mettre d’accord qui intéresse vraiment l’ensemble de nos 26 communes?
L’intercommunalité c’est conjuguer nos intérêts, c’est faire en sorte de pouvoir faire ensemble ce que chacun ne pourrait faire seul. C’est de concert dessiner un territoire commun de solidarité et de développement. C’est tout simplement s’organiser pour mieux vivre ensemble chez nous. A cela la ville de Magny, sans volonté hégémonique est prête, pas à autre chose.

Et Dieu sait, je ne sais pas, cher Stanislas, si l’expression convient mais vous me pardonnerez de l’utiliser, qu’il reste dans ce canton des choses à faire.
Du fait, tout simplement, du retard considérable qu’il a, dans nombre de domaines, et pendant des décennies, accumulé, le canton de Magny se trouve en effet, aujourd’hui encore, confronté à des problèmes qui, depuis fort longtemps, auraient dû être réglés.
La déviation d’Arthies en constitue un des exemples, sinon l’exemple, le plus frappant. Promise depuis des lustres, inscrite au Plan Départemental de Déplacement 2000/2010, elle attend, les Arthégiens attendent, maintenant le résultat d’une nouvelle étude de variante imposée la Direction Régionale de l’Environnement qui, si elle n’oppose pas d’objection au principe de l’opération, demande, pour ne pas dire exige, des investigations supplémentaires qui se révèlent aussi lourdes en temps que coûteuses.
Il y a là matière à se fâcher tant l’intérêt, au sens noble du terme, des populations qui vivent sur place semble négligé par certaines instances. Sans faire dans la démagogie, les Arthégiens n’ont pas forcément la plus mauvaise interprétation, la plus mauvaise idée du tracé du contournement de leur village, je n’en veux pour preuve que le fait qu’elles se retrouvent dans celles préconisées par l’Assemblée Départementale, obligée, elle aussi d’attendre. Il en est, à certains moments, assez des experts qui savent tout, qui imposent tout. Je pense aux oppositions et réticences liées à l’implantation du collège de Bray et Lû, bien sûr à celles opposées à l’implantation du lycée, à celles opposées à la réfection de l’école Anne Frank. Je crois très sincèrement qu’aujourd’hui les citoyens que nous sommes peuvent aussi quelquefois être les experts des conditions de leur propre vie. Je crois que le principe s’applique parfaitement à la situation qui est celle du village d’Arthies aujourd’hui.
Quand je dis cela, et même si la quasi-totalité des demandes et aspirations des habitants de nos 26 communes, sont légitimes, je ne dis pas qu’elles sont toutes réalisables et tout de suite, qu’elles doivent passer avant les autres.
Ainsi, si le carrefour de la D14 et de la RD 135, à hauteur de ce que l’on appelle «La Champignonnière», celui à la hauteur de Buhy devront le moment venu, et le plus tôt sera naturellement le mieux, être sécurisés, et des études notamment à propos du premier sont en cours, si la déviation du village de La Chapelle en Vexin qui ne figure pas au plan 2000/2010, devra, au travers et avec la mise à 2x2 voies de la D14 entre Magny et St. Clair, faire l’objet d’une programmation rapide, dire qu’elle sera opérationnelle dans les deux, trois ans à venir consiste à nier la réalité des choses. C’est pour cela qu’oeuvrer pour qu’elle devienne une priorité du prochain plan avec la poursuite de l’aménagement de la D14 doit constituer le leitmotiv de tous les élus du canton; un accord de principe oral déjà plusieurs fois exprimé étant d’ores et déjà acquis au sein de l’Assemblée Départementale. Cela dit, et c’est pour le moins aussi valable pour la mise à 2x2 voies de la RD14, (dont la fin des travaux est prévue pour cet été), comme pour les travaux de sécurisation dans le cadre du programme départemental d’amélioration de niveau de service. (pour l’année 2006 la sécurisation du carrefour en entrée ouest du village de La Roche-Guyon, pour 2005, la création d’un giratoire au carrefour de la route de Vernon à Bray et Lû, pour 2004, les aménagements de sécurité à l’entrée est du village d’Hodent, pour 2007, la sécurisation de l’entrée sud du village de Vétheuil), et je pense aussi à la mise en œuvre du carrefour giratoire sur la RD983 à Aincourt, la folie de certains conducteurs laissera, malheureusement, toujours « la porte ouverte » à tous les drames.

Mesdames et messieurs, 2007 est là. Pour le moins cette année sera une année particulière, celle de l’élection présidentielle. Jamais, je crois, une telle échéance n’a suscité autant débat, et semble t’il d’intérêt, aussi longtemps à l’avance. Je veux y voir l’aspiration forte des Français à une vie meilleure, et pour eux, et pour leurs enfants, tant nous sommes nombreux, parents, à craindre de voir nos fils et nos filles vivre moins bien que nous.

J’ai vous le savez, ma préférence, chacun a naturellement la sienne et c’est bien normal. Je recevais il y a peu ici même les amis val d’oisiens de Ségolène Royal, Philippe Houillon participe, ce matin, et c’est ma façon, comme que je le lui ai promis, d’excuser son absence, au congrès extraordinaire de l’Ump à Paris.
Les Français choisiront et c’est bien ainsi. Mais que les candidats fassent appel à leur intelligence et non à leurs peurs, que le nouveau Président ou la nouvelle Présidente de la République fasse que cela change et que cela change fort, pour que les gens de peu, comme disent certains, deviennent des gens tout simplement, que les invisibles deviennent visibles, que les gens qui ne comptent pas, enfin comptent et vivent comme nous, comme moi, comme ceux à qui la vie a plutôt souri, fasse que la nouvelle expression « travailleurs pauvres », pour certains sans domicile fixe, ne veuille plus, très vite, rien dire. Alors la France aura gagné et gagnera encore.

Pour Magny intra-muros, 2007 sera, comme 2006 et 2005, elle aussi, une année de grands travaux qui viendront compléter la liste déjà longue de ceux déjà réalisés dont je ne citerai que ceux qui sont en passe d’être achevés et que sont la 3ème et dernière phase du complexe sportif Jesse Owens avec la réfection complète du stade Paul Chéron et la construction d’un espace cinéraire paysager au cimetière.
Au-delà de l’adoption du Plan Local d’Urbanisme, de celle du Schéma Directeur d’Assainissement, au-delà de la réhabilitation de la Zone d’Activités Economiques des Aulnaies, de l’extension de celle de la Demi-Lune, 2007 verra la construction de l’école de danse à l’Espace Nelson Mandela, la réhabilitation du boulevard de la Tour Robin, de l’allée Salvador Allende, de l’allée des Roses, celle partielle et d’étape du boulevard Dailly, la réhabilitation lourde de l’école Anne Frank, la réfection du rez de chaussée et de l’escalier principal de l’hôtel de ville, de l’aménagement du Parc de la Rosière, ( et je veux à ce moment avoir une pensée pour Bernard Angels, blessé à la suite d’une mésaventure au bout du monde, qui a aidé, alors qu’il était Vice-Président du Sénat, au financement de ces deux dernières opérations ) du parc de la ville et celui du parking du boulevard des Ursulines, le lancement des réhabilitations des immeubles de la rue de l’Ecole et du boulevard de la République, la réfection de cette même salle avec la réalisation d’une fresque historique sur le mur qui se trouve derrière vous... sans que tout cela obère l’accent que je souhaite voir mis cette année encore et de façon plus forte encore, sur les améliorations à apporter au quotidien : petits travaux de voirie, propreté de la ville, entretien de l’éclairage public, signalisation verticale et horizontale, fleurissement, entretien des espaces verts,qui tous, même si quelquefois, pour ne pas dire trop souvent, cela prend plus de temps que prévu ou annoncé, trouveront leur aboutissement.

Comme les années précédentes, et comme je l’ai dit à plusieurs reprises, ces projets de la Majorité Municipale s’inscriront dans une politique qui n’appellera pas, cette année encore, et pour la septième fois consécutive, d’augmentation des impôts locaux, non pas que nous fustigions l’impôt qui reste pour nous le 1er acte citoyen, le 1er acte de solidarité mais parce que si mener une politique d’investissements tous azimuts sans augmenter les impôts tout en limitant au plus juste (et en restant à chaque fois bien en dessous du coût réel) les augmentations des tarifs des services municipaux dont beaucoup sont par ailleurs gratuits, n’est pas chose facile, n’est pas pour autant chose impossible.
Situation préoccupante en 1998, très bonne en 2005, titre cette semaine, pour Magny, l’Echo Régional dans ses colonnes consacrées à la dette des communes du Val d’Oise, confirmant son analyse de l’an passé, conforme quant à elle à celle des services fiscaux.
Dit autrement cela signifie que notre situation financière, je vous fais grâce cette année des chiffres que vous pourrez retrouver sur le site Internet de la ville, c’est donc le maintien de la pression fiscale, autrement dit, l’absence d’augmentation des impôts locaux, la poursuite de la maîtrise de l’endettement, l’actualisation des tarifs des services en fonction de l’évolution de leur coût (avec prise en compte des quotients familiaux), l’amélioration de l’autofinancement assortie de la maîtrise des dépenses de fonctionnement.

Une situation globale donc qui fait que nous disposons des outils indispensables qui nous permettront de poursuivre le service rendu aux Magnytois et la continuation de la politique de réhabilitation de la ville entreprise depuis maintenant bientôt six ans.

Voilà mesdames et messieurs, ce que je voulais vous dire, pas tout ce que je voulais vous dire, mais je vous ai en tout cas livré, comme je veux le faire chaque année, ce qui me tenait le plus à cœur.

Un mot encore, emprunté à Azouz Begag, le ministre pour la promotion de l’égalité des chances, « Le bruit court que l’on peut être heureux », faisons en sorte de dire cela et faisons en sorte de l’être, heureux, parce que cela pourrait se faire, disait-il l’autre jour. Alors, oui, faisons, les uns et les autres, courir le bruit que l’on peut être heureux, alors oui, faisons courir le bruit que l’on peut vivre en paix et oeuvrons, là où nous sommes, pour que ces bruits deviennent réalité. Que cette belle formule « Un monde meilleur pour tout le monde» devienne réalité.

Voilà, merci à l’école de musique pour sa prestation amicale, merci à vous d’avoir répondu encore une fois si nombreux à mon invitation, pour conclure permettez moi de vous inviter à nous retrouver autour du verre de l’amitié et de vous renouveler, à toutes et à tous, très sincèrement, mes meilleurs vœux de bonne et heureuse année 2007 dans un monde, vous l’avez compris, que j’espère en paix, dans une France que je souhaite plus juste et plus solidaire.

Bonne année.
par Jean-Pierre Muller publié dans : Magny-en-Vexin
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Lundi 12 février 2007

Le pacte présidentiel >> lire le dossier sur Désirs d'avenir

Le discours de Ségolène Royal

 

 

Ségolène Royal : discours de Villepinte, 'Pacte présidentiel'

(11 février 2007)

Ségolène Royal présente son "pacte" pour une "France neuve"

Avec Reuters

A 70 jours du premier tour, Ségolène Royal a fourni dimanche aux socialistes leur feuille de route pour la présidentielle, s'engageant à construire avec eux une "France neuve", "plus juste et plus forte".

Pendant deux heures, la candidate socialiste à la présidentielle s'est beaucoup tournée vers les jeunes, qui étaient venus en très grand nombre écouter son discours de Villepinte.

L'élection présidentielle décidant du sort "d'au moins deux générations", "nous avons une ardente obligation de réussir", a-t-elle souligné devant plus de 15.000 personnes massées dans un hall surchauffé du Parc des expositions.

"Je sais en tant que mère que je veux pour tous les enfants qui naissent et qui grandissent en France la même chose que pour mes enfants", a insisté Ségolène Royal la voix étranglée par l'émotion.

Pour la jeunesse des banlieues, "je ne peux pas imaginer qu'il suffise d'envoyer des bataillons de police ou de gendarmerie", a-t-elle souligné sans jamais citer le nom ni la fonction du ministre de l'Intérieur et candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy.

Afin de surmonter les crises économique, sociale, morale, écologique, éducative engendrées par douze années de droite, "il faut une nouvelle politique, il faut une France neuve!", a-t-elle insisté au terme de sa "phase d'écoute" faite de près de 6.000 débats participatifs.

Tout son discours, prononcé sur une petite avancée de scène, s'est appuyé sur les "remontées" de ces rencontres avec les Français pendant trois mois. Aux "Vous m'avez dit" ont répondu des "Je m'engage", salués par les applaudissements de la salle.

Pour la candidate du PS, du MRC et du PRG, il faut "stopper le descenseur social" et construire un "ordre économique et social juste".

Les désordres induits par la droite sont comme "une cicatrice sur le corps d'un pays qui a pourtant inventé la plus belle devise du monde: 'liberté, égalité, fraternité", a-t-elle dénoncé.

Après sa tournée au Proche-Orient et en Chine, la première femme à avoir une vraie chance d'accéder à l'Elysée a endossé tous les atours présidentiels, consacrant la fin de son propos à la politique internationale.

Face à l'Afrique - "notre porte" -, à la Russie à qui il faut tenir le "langage de la vérité" ou aux Etats-Unis "emportés parfois jusqu'à l'erreur par le poids même de leur puissance", la France devra agir "sans humilité et sans arrogance", a-t-elle estimé. "Elle tiendra son cap et affirmera ses principes".

La candidate de gauche a longuement détaillé ses "cent propositions" pour le pays - un "pacte présidentiel", un "pacte d'honneur" - qui fait la part belle aux mesures contenues dans le projet du PS pour 2007 mais reprend également certaines de ses idées personnelles qui ont provoqué des remous pendant la campagne pour l'investiture.

Pour "construire une France qui se ressemble et qui se rassemble", elle a souligné sa volonté de "prendre le temps" d'écouter les Français.

"Cette parole que vous avez prise, je vous demande de la garder. A ceux qui ne l'ont pas prise, je vous demande de la prendre au plus vite". "Avec moi plus jamais la politique ne se fera sans vous", a-t-elle insisté.

"Repartez vers les citoyens! Parlez-leur! Faites revenir ceux qui ne croient plus à la politique! Donnez-leur la parole sur le projet, le pacte présidentiel", a lancé la candidate socialiste au terme de son discours-fleuve.

Troquant sa veste blanche devenue l'un de ses emblèmes pour une veste rouge, la candidate socialiste a sonné le rappel "pour que la France plus juste soit aussi une France plus forte", son nouveau slogan de campagne qui s'est affiché dans son dos au terme de son allocution.
par Jean-Pierre Muller publié dans : Actualité nationale
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Lundi 12 février 2007
12ème Rassemblement des Secrétaires de Section - Restitution des débats participatifs

Chers camarades, chers amis, gardez vos forces, il y a encore beaucoup à faire ensemble. Nous ne sommes qu’au début d’une belle aventure qui se conclura le 6 mai avec la victoire de Ségolène Royal à la présidence de la République.

Mais aujourd’hui, nous le sentons bien, nous vivons un moment important de la campagne présidentielle et, à bien des égards, elle s’engage aujourd’hui vraiment. Nous mesurons l’attente, l’impatience même qui est portée sur nous et sur Ségolène. Le pays veut un choix, il réclame une élection qui soit digne de son passé, qui relève les défis d’aujourd’hui et qui prépare notre destin commun. Et c’est bien là l’enjeu, voter en connaissance de cause, ne pas se laisser abuser par une nouvelle mystification comme en 1995, pas davantage se laisser imposer un malentendu cruel comme en 2002, mais un affrontement clair entre la gauche et la droite permettant au pays de décider de son avenir et de choisir si nous en décidons nous-mêmes, la gauche, pour diriger les affaires de la France.

Alors, il nous revient de clarifier les termes du débat, de donner du sens, d’écarter les sujets subalternes, d’éviter les pièges d’une campagne réduite à l’accessoire, au superflu, à l’anecdote, au dérisoire, bref de poser sereinement aux Français les éléments de leur vote.

La prochaine élection présidentielle n’est pas une joute de personnes, une comédie politique de quelques semaines, un mouvement d’humeur. L’élection présidentielle va décider non pas simplement de la direction de la France pendant les cinq prochaines années, mais des fondements mêmes du pacte social et du pacte républicain. Nous ne sommes pas devant un choix de gestion, mais un choix de société pour l’avenir.

Et la France n’aura pas le même visage après cinq ans de droite avec Nicolas Sarkozy ou avec cinq ans de gauche avec Ségolène Royal. C’est tout le cours de notre démocratie, de notre République qui sera modifié selon la décision des Français le 6 mai. Nous ne sommes pas dans une confrontation ordinaire, dans une élection présidentielle banale parce que nous ne sommes pas dans n’importe quel contexte international avec un monde dangereux et une Europe en panne, nous ne sommes pas dans n’importe quel environnement économique avec la mondialisation libérale et un capitalisme financier prédateur. Et nous ne sommes pas devant n’importe quel adversaire pour la première fois depuis sans doute longtemps, dans la République, nous sommes devant une droite dure qui veut en finir une bonne fois avec le modèle social français et qui veut mettre aux normes libérales notre pays.

Voilà pourquoi nous devons mener une campagne fondée sur la clarté, bilan contre bilan, projets contre projets, et nous impliquer non pas tant au nom de nos intérêts de parti ou sur les seules valeurs de la gauche, mais nous devons le faire au nom des principes qui fondent notre attachement à la République et des valeurs de la France, de la France telle que nous l’aimons car nous l’aimons, cette France, au moins autant que les autres et sans avoir à demander à quiconque de la quitter, cette France-là, la nôtre.

La clarté, chers amis, elle commence par le rappel d’une évidence : le 6 mai prochain, nos concitoyens vont avoir à choisir entre la continuité et le changement. La continuité, elle a son candidat, c’est Nicolas Sarkozy. Il est dans ce scrutin le quasi sortant, il a gouverné le pays depuis 2002 comme ministre d’État, comme président de l’UMP, il est soutenu dans cette campagne par les deux Premiers ministres de la législature qui s’achève : Jean-Pierre Raffarin, c’est quand même une référence, Jean-Pierre Raffarin ! Dominique de Villepin, c’est quand même une caution !

Et tous les ministres du gouvernement, des gouvernements depuis 2002, sont dans son comité de soutien, et bientôt Jacques Chirac lui-même sans doute, à l’insu de son plein gré, lui aussi va l’appuyer dans cette campagne.

Alors, il porte le bilan de la majorité depuis 2002. Et quoi qu’il en dise, quoi qu’il fasse, il voudrait fuir devant cette responsabilité-là, être le candidat sortant. Alors je vais le ramener à cette responsabilité. Je vais faire, si je puis dire, le travail pour lui.

Et je veux m’adresser à tous nos concitoyens qui ont aimé la réforme des retraites de Jean-Pierre Raffarin, qui ont approuvé le plan de l’assurance maladie de Douste-Blazy, qui ont adoré la loi sur l’école de Fillon, qui ont soutenu la privatisation de Gaz de France de Thierry Breton, il y en a qui ont aimé, il y en a qui ont approuvé, il y en a qui ont soutenu. Eh bien, ils ont un candidat, c’est Nicolas Sarkozy.

Je veux aussi dire, car il y en a dans notre pays qui pensent que le chômage a diminué, que le pouvoir d’achat a progressé, que la dette s’est réduite, que les violences ont disparu, à tous ceux-là, rendez-vous compte, je les appelle à voter Nicolas Sarkozy. C’est le bon candidat pour un mauvais bilan, pour une mauvaise politique, pour de mauvais gouvernements.

Et il n’y a pas d’autre candidat sortant que lui, ou pas officiellement. Nicolas Sarkozy, c’est la continuité en pire. Mais pour ce qui concerne le changement, il y a qu’une candidate pour porter ce changement, pour le traduire, pour le réaliser, et c’est Ségolène Royal, la candidate du changement.

Ségolène incarne le changement. Sa victoire contre Jean-Pierre Raffarin en 2004, sa désignation au sein du Parti socialiste après une primaire qui a fait notre fierté collective, la méthode de Ségolène Royal fondée sur la démocratie participative, sa conception de la politique, sa capacité de rassemblement qui nous permet d’être ici, socialistes, radicaux, républicains, et tant d’autres. Oui, le changement, il est porté, il est incarné, il est voulu par Ségolène Royal.

Elle est d’ailleurs le seul changement possible dans cette élection parce qu’elle est la seule qui porte un projet alternatif à la droite. Elle est la seule qui puisse être au second tour de l’élection présidentielle contre la droite. Et réfléchissons une seconde, rien qu’une seconde au scénario si elle n’était pas au second tour de l’élection présidentielle. Que signifierait alors une nouvelle fois cette situation dramatique que l’on voudrait ici encore reproduire, où les électeurs n’auraient le choix qu’entre la droite et l’extrême droite, ou entre la droite et la droite ? Le choix qui doit être fait au second tour de l’élection présidentielle, c’est le choix entre la droite et la gauche pour permettre là l’affirmation d’un destin collectif.

J’ai du respect pour la gauche dite antilibérale, mais la question qui lui est posée est moins celle du nombre de ses candidats à l’élection présidentielle que celle de son attitude au second tour de l’élection présidentielle. Veut-elle, cette gauche, envoyer un message de radicalité sans lendemain et disparaître pendant cinq ans ? Ou veut-elle cette gauche-là avec nous battre la droite et transformer le pays ?

Quant au troisième homme, terme impropre aujourd’hui, quand il y a une femme qui peut être la première, quant au troisième homme, il ne vient pas du centre, c’est-à-dire d’une version édulcorée de la droite et qui y retourne toujours, mais prenons conscience que le seul troisième homme qui existe, hélas, c’est celui de l’extrême droite. Que ceux qui ont oublié le 21 avril 2002 retrouvent vite leur esprit. Car le 22 avril 2007, il sera trop tard. C’est pourquoi je le dis ici, si l’on veut le changement, il faut l’installer dès le premier tour afin de permettre d’accéder au second et surtout de créer la dynamique de victoire qui rend alors le succès inéluctable. Oui, c’est au premier tour que se jouera l’élection présidentielle et c’est au premier tour qu’il faut porter au plus haut la candidature de Ségolène Royal.

Notre pays veut le changement et Nicolas Sarkozy sait que, sur son bilan, comme sur son projet, il ne peut être élu. Alors, il mène une campagne d’intimidation et de confusion. L’intimidation, c’est d’abord de déconsidérer la gauche, de la dénoncer comme illégitime, incapable, incompétente à diriger le pays. C’est toujours ainsi que la droite a procédé. Et que disait-elle d’ailleurs en 1980 de François Mitterrand ? Qu’il n’y connaissait rien en économie, qu’il allait vider les caisses, que cela ne durerait pas deux ans, qu’il était allié aux communistes. Il en était même qui, à droite, laissaient dire qu’après le 10 mai, si victoire de François Mitterrand il y avait, dès le 11, peut-être le 12, des chars soviétiques s’installeraient sur la place de la Concorde. Et, reconnaissons-le, c’est bien vrai qu’il y a eu des chars sur la place de la Concorde qui ont défilé, c’était le 14 juillet, ils étaient français et c’était François Mitterrand qui les passait en revue.

Mes chers amis, nous n’avons aucune leçon à recevoir de la droite, ni sur sa gestion des finances publiques, jamais l’endettement n’a atteint ce niveau record, si sur ses résultats économiques, la croissance n’a jamais été aussi ralentie et le déficit commercial aussi lourd qu’aujourd’hui, ni même sur sa politique de sécurité, jamais les violences aux personnes n’ont été aussi nombreuses que depuis 2002, d’ailleurs depuis que Nicolas Sarkozy est ministre de l’intérieur.

Et parlons à un moment de son art de la diplomatie. Parlons-en, oui, qu’aurait-on dit si un candidat ou une candidate à l’élection présidentielle avait convié ces jours derniers à des journalistes américains, qui en sont restés bouche bée, que l’Iran avait peut-être une bombe nucléaire, mais que ce n’était finalement pas aussi grave parce que, si elle l’avait, si elle la dirigeait contre Israël, eh bien il y aurait bien un pays, peut-être les États-Unis, peut-être la France, qui détruirait Téhéran. Rendez-vous compte !

Et c’était Jacques Chirac président de la République depuis douze ans qui tenait ce propos. Soyez indulgents, il va bientôt quitter la scène, laissons-le se retirer.

Mais la plus grosse bourde, la plus grave faute qui ait été commise dans cette campagne présidentielle, c’est Nicolas Sarkozy qui l’a faite quand il s’est rendu à Washington dans le bureau de George Bush pour regretter l’arrogance française à propos du refus de la guerre en Irak. Pas de leçon à recevoir, mais l’intimidation est aussi dans cette confusion insupportable entre les fonctions d’État et la candidature à l’élection présidentielle. Je ne parle pas ici de l’utilisation des services de renseignement par le ministre de l’Intérieur lui-même. Je le dis, nous n’avons rien à cacher. Et lui, il a tant à se protéger, et parfois de ses propres amis.

Je ne veux pas évoquer cette confusion des caisses où un candidat fait campagne aux frais du contribuable, mais je veux parler de ce mélange des genres qui a fait monter il y a quelques jours, si je peux m’exprimer ainsi, sur le Charles de Gaulle, en présence des personnels militaires du porte-avions pour exprimer sa politique de défense sous le regard de la ministre compétente –c’est beaucoup dire.

Que penser de ce comportement et que penser de ce prochain déplacement sur l’île de la Réunion où il va faire le ministre le matin et le candidat l’après-midi ? Ou l’aller en avion, c’est le ministre, et le retour, c’est le candidat de l’UMP ? Il nous dit qu’il va quitter le ministère de l’Intérieur à la fin du mois de mars, mais c’est tout de suite qu’il faut qu’il quitte le ministère de l’Intérieur tant cette situation est devenue insupportable.

Intimidation et confusion. Cette confusion, elle apparaît…, mais il ne faut pas qu’il démissionne seulement, il faut qu’il soit battu à l’élection présidentielle.

Dans cette élection présidentielle justement, la droite ne veut pas être la droite, on peut la comprendre. Nicolas Sarkozy n’est plus de l’UMP nous dit-il, il est de France. Il aurait pu dire de Neuilly, non, il est de France. Il nous a fait un aveu : « J’ai changé », a-t-il dit. Retenez bien cette expression. S’il a changé, c’est qu’il n’était pas bien avant.

Et s’il a changé, c’est qu’il ne sera pas mieux après. Mais il n’a plus de passé, et le voilà d’ailleurs qui vient chercher dans notre propre histoire ses références : Jaurès, Blum, Mitterrand. Ne vous plaignez pas de cette captation d’héritage, elle peut surprendre, elle peut être désagréable, mais si c’était le plus bel hommage que l’on puisse rendre aux noms qui ont marqué profondément l’histoire de France qui incarnent là encore le patrimoine national.

Là encore, soyez généreux, soyez socialistes, mettez-vous un peu à sa place. Vous seriez de droite, ce que vous n’êtes pas, j’en conviens, vous seriez de droite, mais qui chercheriez-vous comme référence ? De Gaulle, sûrement. Mais avant de Gaulle, après de Gaulle, qui ? disant : « enrichissez-vous », Thiers, le massacreur de la Commune ? Mac Mahon, « se démettre ou se soumettre » ? Poincarré ? Dois-je continuer ? Tardieu, qui le connaît ? Antoine Pinay, voilà une belle référence, il a même vécu cent ans, ça laisse une trace ça dans l’histoire de la République ! Réfléchissez encore.

Sarkozy aurait quand même pu citer Giscard. C’est dur pour Giscard d’avoir Mitterrand comme référence. Mais il aurait pu dire Balladur. Voilà une belle référence pour Nicolas Sarkozy. Et Chirac ? Mais pourquoi il n’a pas dit Chirac ?

Alors, voyez-vous, il faut les comprendre. La belle histoire, la grande histoire, le progrès, les conquêtes sociales, qui les a faites ? C’est la gauche et pas la droite.

Mais, chers amis, j’y ai vu aussi comme un discours de circonstances. Et je me suis posé cette question : si, sortant de Villepinte, nous allions faire un tour à Neuilly dont Nicolas Sarkozy fut maire pendant longtemps, et nous ferions l’exercice suivant : nous demanderions aux passants : mais où est la place Léon Blum ? Où est le boulevard Jean Jaurès ? Et où est l’avenue François Mitterrand ? On nous aurait répondu : « Vous ne trouverez pas âme qui vive là-bas, personne n’habite à l’adresse indiquée, Jean Jaurès, Léon Blum ou François Mitterrand, allez voir plutôt du côté de Barrès, de Déroulades* ou de Charles-Laffite. Mais de Blum, de Mitterrand et de Jaurès, point du tout. »

Mais il y a même quelque imposture, je le dis ici, à vouloir citer Jaurès quand on veut remettre en cause le droit de grève des salariés dans notre pays, quand Jaurès, lui, s’est battu à Carmeaux* pour arracher ce droit. Oui, il y a de l’imposture à citer Blum quand on veut mettre en cause les 35 heures, quand Blum, lui, a fait les 40 heures et les congés payés.

Oui, il y a du cynisme à vouloir citer François Mitterrand et remettre encause la retraite à 60 ans et l’impôt sur les grandes fortunes. Et il y a de la mystification à parler des travailleurs et des travailleuses quand, depuis cinq ans, avec cette majorité, l’assistance, le nivellement, la précarité se sont étendus, le nombre de RMIstes a augmenté de 250 000. Depuis 2002, 70 % des embauches de notre pays se font avec des contrats à durée déterminée ou de l’intérim. 80 % des salariés ne gagnent pas 2 000 € dans notre pays. Voilà le bilan droite, voilà sa politique, et elle viendrait nous parler des travailleurs et des travailleuses.

Quand on apprend dans le même temps que le P-DG du Printemps se fait licencier, ça peut arriver, mais avec une indemnité qui correspond à 175 années de SMIC, rien que cela, quand tant d’autres ne partent qu’avec quelques jours de salaire, et quand on apprend que le président du directoire de la Caisse d’Epargne se fait octroyer un bonus de 150 000 €, rendez-vous compte, pour surcroît de travail, quand tant d’autres n’ont même pas le SMIC pour arriver à boucler leur fin de mois, et il nous parlerait des travailleurs et des travailleuses.

Alors, dans cette campagne, chers amis, il faudra opposer, confronter les projets. Au « travailler plus » de Nicolas Sarkozy, il faudra opposer le « travailler tous » de Ségolène Royal. Parce que quand on s’appelle Nicolas Sarkozy faudra aller dire aux chômeurs qui attendent un emploi de travailler plus pour gagner plus, il faudra oser dire aux salariés délocalisés qu’il faut travailler plus pour gagner plus, il faudra oser prétendre aux salariés à temps partiel qu’ils peuvent demain travailler à temps complet, il faudra oser dire à ceux qui font les cadences, les 3×8, le travail de nuit qu’il faut travailler encore plus pour gagner plus, et il faudra aussi pouvoir prétendre que les heures supplémentaires devront être détaxées, déchargées, ce qui aboutirait à ce que les personnels qui feront ces heures supplémentaires ne puissent même pas constituer des droits sociaux à la retraite ou à la maladie ou au chômage sur ces heures-là, il faudra oser aller vers les Français avec cette proposition.

Nous, nous devrons dire qu’une heure supplémentaire doit toujours coûter plus cher à l’employeur qu’une heure normale, sinon, cela voudrait dire que tous ceux, toutes celles qui attendent un emploi, qui espèrent une embauche ne pourront jamais entrer dans l’entreprise tant qu’on n’aura pas saturé l’ensemble des autres salariés en heures supplémentaires.

Le vrai choix dans cette campagne sera de savoir si l’on veut favoriser l’embauche ou le recours systématique aux heures supplémentaires, si l’on veut permettre à tous ceux qui espèrent un emploi de le trouver, et si on veut affirmer que l’ambition d’une société, c’est la réussite de tous, c’est le travail pour tous.

Il faudra également opposer à la précarité de Nicolas Sarkozy les sécurités de Ségolène Royal. Oui, pour nous, le Contrat nouvelle embauche ne peut pas être le contrat de droit commun des salariés français. Oui, pour nous, le Contrat première embauche ne peut pas être l’horizon des jeunes qui veulent entrer sur le marché du travail. C’est pourquoi au Contrat nouvelle embauche, contrat unique de travail que Nicolas Sarkozy veut proposer aux Français, nous, nous devons offrir la sécurisation des parcours professionnels, ce droit donné à chaque salarié d’être accompagné, suivi, qualifié, formé pour passer d’un emploi à un autre et de rester le moins de temps possible au chômage. Voilà notre objectif, voilà notre ambition.

De la même manière, nous devons opposer à la baisse d’impôts pour les plus favorisés de Nicolas Sarkozy la réussite pour tous. Oui, c’est vrai, dans une campagne, les Français sont toujours attentifs aux promesses de baisse d’impôts. C’est une constante. Margaret Thatcher en avait d’ailleurs confié le secret à François Mitterrand. Elle lui avait dit : « Vous savez, c’est très simple pour les conservateurs de gagner une élection, il suffit de promettre une baisse d’impôts pour les riches, les pauvres finissent par y croire. » Et on nous rejoue ici la partie.

Baisse d’impôts, oui, mais pour qui ? Mais qui dans cette salle est bénéficiaire du bouclier fiscal ? Allez savoir. Qu’ils viennent me voir, ils ne seront pas si nombreux.

Ce que nous propose Nicolas Sarkozy, c’est la suppression de l’impôt sur la fortune à travers un bouclier fiscal à 50 %, c’est la baisse, voire la suppression de l’impôt sur les successions, c’est la baisse de l’impôt sur les revenus pour les plus favorisés. Mais rien sur la fiscalité qui pèse sur le plus grand nombre. Au contraire même, on nous annonce peut-être une contribution sur la consommation.

Oui, on nous dit qu’il y a aussi des efforts à faire parce que, bien sûr, pour financer ces baisses d’impôts, il faudra créer une franchise santé, c’est-à-dire l’obligation qui sera faite pour toute famille de payer au premier euro les frais de santé jusqu’à un certain niveau, c’est-à-dire le recours aux assurances privées, cette sécurité-là, cette protection sociale-là, nous n’en voulons pas, cette médecine à plusieurs vitesses, nous la récusons, et nous demandons au contraire une sécurité dans l’accès aux soins pour tous.

Cette politique fiscale que nous propose Nicolas Sarkozy ne vise pas ceux qui se lèvent tôt le matin ou ceux qui se couchent tôt le soir, mais tout simplement ceux qui s’enrichissent en dormant. Voilà sa politique.

Et cette logique fiscale, si elle était menée jusqu’à son terme, elle sera ou elle serait menée jusqu’à son terme, ce serait la moitié des fonctionnaires qui partent à la retraite qui ne seraient pas remplacés, 300 000, dont la moitié dans l’Éducation nationale. Ce serait également la mise en cause des services publics, et nous devons, nous, opposer à cette logique de privatisation de désengagement, nous devons opposer le service public, l’affirmation de l’Etat, une politique industrielle, une politique de recherche pour préparer l’avenir.

Enfin, nous devons opposer aux droits dits opposables les droits effectifs.

La droite a trouvé ces derniers jours une formule pour satisfaire à des pressions fortes, répondre à des urgences. J’avoue que nous n’y avions pas songé. Il suffirait maintenant d’inscrire dans une loi l’existence d’un droit opposable, et c’en serait terminé des problèmes des mal-logés, des mal-soignés, des mal-éduqués. Il y a donc un droit qui doit être inscrit là bientôt pour le logement. Tant mieux si ça peut permettre des politiques différentes, mais quelle est l’inspiration ? Elle nous vient là encore de Nicolas Sarkozy.

Le droit opposable au logement, cela consiste, pour une personne sans domicile fixe, par exemple à Neuilly, qui cherche un toit, un logement, il n’en trouve pas : application du droit opposable au logement. Il va donc voir son avocat, très simple, son avocat l’oriente vers une commission qui elle-même saisit un tribunal, et au bout de cinq ans, ce sans domicile fixe peut avoir un logement social à Gennevilliers. Voilà pour le droit opposable au logement.

Mais nous n’avions pas tout vu, chers amis, il y a maintenant le droit opposable pour l’accueil en crèche, c’est ce que propose Nicolas Sarkozy. Vous êtes parents, vous avez un enfant en bas âge, vous vous adressez à votre commune : « il n’y a pas de places en crèche ». Qu’à cela ne tienne : droit opposable à la crèche. Vous allez voir votre avocat qui saisit une commission, qui elle-même en appelle au tribunal, et au bout de cinq ans, quand votre enfant est à l’école, vous pouvez le remettre à la crèche.

Mais nous n’avions pas tout vu. Il nous est proposé un droit opposable à l’accueil dans une maison de retraite. Mais pourquoi riez-vous ? C’est très simple. Vous êtes une personne âgée dépendante, vous demandez un accueil dans une maison spécialisée : « il n’y a pas de place » : droit opposable. Vous allez voir votre avocat, celui que vous aviez déjà saisi lorsque vous étiez en crèche, il vous renvoie devant la commission, qui elle-même en appelle au tribunal, et au bout de cinq ans, le bon Dieu, si vous y croyez, vous accueille avec une place dans le royaume des cieux.

Nous, chers amis, nous ne sommes pas dans cette logique-là, des droits théoriques, des droits virtuels. Nous ne sommes pas dans une logique américaine, nous sommes dans une logique française de services publics, de droits effectifs, de prestations sociales garanties. Oui, si l’on veut avoir un logement, il faut d’abord construire 120 000 logements sociaux par an. Il faut imposer aux communes qui ne font pas de logements sociaux 20 % das chaque résidence et dans chaque ville. Et quand ils ne le font pas, ces maires-là, souvent de droite, il faut que l’Etat se substitue à eux pour qu’il y ait les logements sociaux indispensables.

Oui, il faudra aussi créer un service public de la petite enfance si on veut qu’il y ait des crèches et des systèmes de garderie pour tous les enfants de ce pays. Oui, il faudra créer un droit à la couverture dépendance parce que c’est vrai que c’est une question majeure de notre société que l’accueil des personnes qui sont en vieillissement et qui n’ont pas besoin de recourir à un juge pour avoir simplement le droit à finir leur vie dignement. Parce que c’est cela l’idéal que l’on porte, c’est la dignité, la dignité humaine, l’humanité, la garantie, l’égalité.

Et de la même manière, il faudra poser un droit effectif à l’environnement en faisant en sorte que les transports collectifs soient encouragés, que la fiscalité écologique soit introduite, et qu’il y ait aussi un plan massif pour qu’il y ait des économies d’énergie, et que nous, nous n’avons pas besoin simplement de signer un pacte avec Nicolas Hulot pour être écologiques, nous avons besoin de prendre des engagements et de les tenir.

Dans cette campagne, il ne faudra pas simplement s’en tenir aux mots, mais aux actes, pas simplement aux promesses, mais aux faits, et ceux qui n’ont rien fait jusqu’à présent ne peuvent pas être ceux qui nous promettront un avenir différent aujourd’hui.

Chers amis, un enjeu dans cette campagne sera aussi une conception de la démocratie. Ce qui est en cause, c’est la manière avec laquelle le pouvoir va être dirigé, incarné, représenté. Il y a d’un côté une droite qui veut confisquer le pouvoir comme elle l’a toujours fait, réduire le Parlement, ignorer les citoyens, mépriser la démocratie partipative, et nous, la gauche, mais au-delà de la gauche, nous aspirons à un rééquilibre des pouvoirs, à un président, que dis-je un président, une présidente qui ne déciderait pas de tout, qui organiserait des consultations, des débats, qui ferait vivre le Parlement, qui accorderait aux citoyens des droits pour saisir une cour constitutionnelle pour proposer une loi si nécessaire, pour provoquer un grand débat dans le pays. Voilà ce qui est en cause : une conception du pouvoir.

Je veux terminer ici mon propos. Vous êtes Nombreux, très nombreux, vous êtes la force dans cette campagne. Elle va être rude, âpre, difficile, parce que la droite fera toutes les promesses, c’est sa manière de faire. Aux agriculteurs, des prix rémunérateurs, aux artisans, une protection contre les grandes surfaces, aux grandes surfaces, des autorisations d’ouverture, aux entrepreneurs moins de charges, aux salariés plus de salaire.

Bref, tout sera dit dans cette campagne pour effacer les lignes, gommer les clivages, écarter les aspérités. Mais la droite aussi utilisera toutes les peurs : l’immigration bien sûr, toujours, la peur de l’étranger, le laxisme, l’insécurité. Elle mobilisera toutes ses forces, et elles sont puissantes puisqu’elle a justement le pouvoir et qu’elle ne veut pas le perdre.

En ce moment même, toutes ces forces coalisées, cet argent qui veut garder son lien avec ce pouvoir si complaisant, si puissant, qui se sente reconnu, installé, représenté au sommet du pouvoir, ceux-là se battront pour ne rien lâcher, pour ne rien perdre à l’occasion de cette élection.

Et déjà, je sens Nicolas Sarkozy gagné par le syndrome du fanfaron. Quelques sondages, une impression, une intimidation, une confusion, et voilà qu’il y croit. Il se regarde, que voulez-vous, il se plaît, il s’aime, il se croit déjà, non plus ministre de l’Intérieur, mais, les yeux gourmands, déjà président, alors que les Français n’ont pas commencé de s’engager dans cette campagne. Il fait comme si les électeurs avaient voté, d’ailleurs pourquoi faudrait-il qu’ils votent ?

Alors, chers amis, la campagne commence aujourd’hui, nous sommes là nombreux, notre mouvement est puissant, notre espoir est grand, notre confiance est forte également. Nous devons lutter contre toutes les peurs, et n’avoir peur de rien pour nous-mêmes. C’est nous qui représentons la paix sociale, l’harmonie, le vivre ensemble, la laïcité, la République, c’est nous qui sommes capables de faire vivre les Français et les autres dans le même pays avec les mêmes droits et les mêmes devoirs. C’est nous qui sommes capables de préparer l’avenir, c’est nous qui donnons de la cohérence, de la solidarité et même de l’espoir à ceux qui n’en ont plus.

Et c’est la droite qui inquiète. Elle veut engager le conflit avec les salariés du secteur public dès sa victoire, elle n’est pas là, heureusement, avec le monde du travail, avec les services publics, avec les jeunes des banlieues, eh bien non, ces conflits n’auront pas lieu, cette confrontation sera heureusement épargnée au pays parce que tout commence aujourd’hui, parce que tout dépend de vous.

Allez voir les Français, allez voir les citoyens, allez voir les électeurs, soyez emplis de courage, de conviction et de force, c’est vous, chers amis, qui représentez le changement. Il faut donc gagner la victoire, la bataille du cœur et des esprits. Il ne s’agit pas simplement, pour nous, d’un succès d’un camp ou du rejet d’un autre, mais du destin de la France. Que chacun le sache, au-delà de cette salle, que chacun le sache, nous sommes au rendez-vous du 6 mai, nous sommes prêts pour cette grande campagne qui commence, nous sommes, devant le pays tout entier, fiers de ce que nous sommes, confiants dans nos idées.

Nous sommes là avec une seule ambition, une seule : faire gagner la France et porter Ségolène Royal à la présidence de la République. Merci.
par Jean-Pierre Muller publié dans : Actualité nationale
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Vendredi 3 mars 2006

L'actualité du Conseil général du Val d'Oise et notamment des socialistes au Conseil général est très riche. Si vous souhaitez suivre ces dossiers vous pouvez consulter le site du groupe socialiste et apparentés.

www.valdoise-socialiste.com

par Jean-Pierre Muller publié dans : Actualité du Conseil général
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Blog de Jean-Pierre Muller

Maire de Magny-en-Vexin

Conseiller général du Val d'Oise
Canton de Magny-en-Vexin : Aincourt Ambleville Amenucour Arthies Banthelu Bray-et-Lû Buhy Charmont Chaussy Chérence Genainville Haute-Isle Hodent La Chapelle-en-Vexin La Roche-Guyon Magny-en-Vexin Maudétour-en-Vexin Montreuil-sur-Epte Omerville Saint-Clair-sur-Epte Saint-Cyr-en-Arthies Saint-Gervais Vétheuil Vienne-en-Arthies Villers-en-Arthies Wy-dit-Joli-Village


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