Jean-Pierre MULLER
Maire de Magny en Vexin
Conseiller Général du Val d’Oise
Discours des vœux
Magny en Vexin – 14 janvier 2007
Monsieur le Ministre
Madame la Ministre
Mesdames et Messieurs les Conseillers Généraux
Mesdames et Messieurs les Conseillers Régionaux
Mesdames et Messieurs les Maires
Mesdames et Messieurs les Elus
Mesdames et Messieurs les Représentants des Autorités civiles, militaires et religieuses
Madame la Présidente du Conseil National de la Résistance Iranienne, chère Maryam Radjavi
Mesdames et Messieurs
Cher(e)s ami(e)s
Chère Irène Hayoz
19, 30, 15, 23, 9, mais plus souvent des chiffres qui représentent plusieurs dizaines : 35, 44, 52. Que sont ces nombres égrenés en ce début de discours? Ils pourraient constituer des références heureuses, légères, propres à ce moment d’aujourd’hui, à ce lendemain de fêtes de Noël et de Nouvel An, à cette trêve des confiseurs qui fait qu’on oublie un temps, ne serait ce qu’un court moment, nos différences et nos désaccords, pour quelques heures de concorde, de bonheur et de joie partagés.
35, 44, 52, 23, ce sont des exemples des chiffres qui, quotidiennement, sur les chaînes d’information permanente, défilent au bas de l’image de nos téléviseurs. C’est le nombre de morts, victimes des attentats perpétrés, chaque jour à Bagdad. Ils défilent, défilent et n’en finissent plus de défiler avec leurs cortèges d’images d’horreur et d’atrocités, corps, pour certains pas encore sortis de l’enfance, déchiquetés, calcinés, mutilés, broyés, éclatés, ils défilent avec, sans qu’on puisse en prendre toute la mesure, leurs cortèges de drames personnels et familiaux, de drames humains tout simplement même s’il n’existe, là bas, plus guère d’humanité. Ils défilent sans plus retenir, vraiment, pour ne pas dire sans plus retenir du tout, notre attention, notre intérêt ou notre compassion, tant ils sont, loin de nous, devenus habituels et par là même anodins.
Riches de promesses, les années 2000 annonçaient pour le monde des jours meilleurs, les hommes et les femmes de ma génération, celle de nos parents, et un de mes fils se moquait de moi lorsque, nostalgique, j’y faisais, en ce début de siècle, trop souvent référence, attendaient les ballets de voitures volant dans les airs, en tout cas ne doutaient pas de l’avènement d’une société où de gentils robots déchargeraient les humains de toutes leurs tâches ingrates pour une vie meilleure partout sur la planète. Et ceux qui n’y croyaient pas vraiment, et forcément il y en avait, n’étaient pas, malgré tout, sans attendre un monde meilleur pour tout le monde. «Un monde meilleur pour tout le monde». Une belle formule qui aurait pu devenir une belle réalité.
Les promesses du 21ème siècle n’ont pas été tenues.
Jamais nous n’avons été capables de faire d’aussi belles choses qu’aujourd’hui, jamais notre intelligence collective n’a été capable de construire, d’inventer, d’imaginer autant de nouveaux concepts, autant de produits nouveaux, d’outils nouveaux qui forcent l’admiration et nous font dire que c’est pratiquement là de la magie, jamais cependant, alors que nos sciences et que notre technologie franchissent, les unes après les autres, toutes les frontières, jamais la barbarie n’a été aussi présente, et dans nos vies, et dans nos sociétés. Je dis: et dans nos vies et dans nos sociétés, parce que le monde occidental qui est le nôtre n’en est pas, lui non plus, totalement, épargné.
L’année dernière à cette même tribune, je rendais hommage à Jean-Claude Irvoas, cet homme tué, à coups de poings et de pieds devant sa femme et sa fille, alors qu’il photographiait, pour son travail, les lampadaires d’une rue à Epinay sur Seine, et cela parce qu’il dérangeait, sans le savoir, les activités mafieuses de quelques malfrats occupés à leur trafic de drogue.
Alors que nous nous demandions, les uns et les autres, comment pareille chose pouvait arriver en 2005, chez nous, dans notre pays, je croyais alors, à travers mes propos, fustiger la barbarie à son paroxysme.
2006 m’a donné tort. « Annus horibilis ». 2006 a vu, chez nous, l’horreur succéder à l’horreur, la barbarie succéder à la barbarie et je pense naturellement à la jeune Mama Galédou, qui heureusement va mieux, gravement brûlée dans l’incendie volontaire d’un autobus à Marseille, je pense au jeune Ilan Halimi, victime du « gang des barbares » comme ils se désignaient eux-mêmes, découvert à Ste Geneviève des Bois, nu, bâillonné, torturé, brûlé vif, agonisant après avoir été enlevé et séquestré parce que juif, «juif» synonyme de proie forcément fortunée pour ses ravisseurs, bourreaux antisémites tout autant sans foi ni loi que dépourvus de la plus petite once d’humanité.
D’autres drames tout aussi bouleversants ont marqué l’année 2006 dans notre pays, d’autres drames que ceux vécus quotidiennement en Irak ont, dans le même temps, marqué le monde du fait de la volonté de l’homme ou de la nature.
Je pense naturellement à la tragédie du Darfour, aux images et aux scènes de désolation et de barbarie qui y sont rattachées, à ces villages rasés, à ces terres brûlées et à ces champs incendiés, à ces 2 millions et demi de personnes déplacées, « réfugiées », à ces femmes et à ces fillettes violées avant d’être transformées en torches humaines, une fois le feu mis au coton imbibé d’essence enfoncé dans leur gorge, à ces 300 000 morts recensés depuis le début du conflit en 2003. Je pense naturellement au Liban dont le nom de la capitale Beyrouth est redevenu dans le langage courant synonyme de destruction et de dévastation et qui, comme le dit le leader de la communauté druze, le chef du Parti Socialiste progressiste, Walid Joumblatt, n’aspire qu’à la paix, à la liberté et à l’indépendance. Je pense naturellement à Pierre Amine Gemayel. Je pense naturellement à Ingrid Bétancourt toujours retenue en otage par les Farc dans la jungle de Colombie. Ingrid Bétancourt, devenue l’année dernière, par la volonté du Conseil Municipal, citoyenne d’honneur de la ville, dont le portrait géant, dès demain, va retrouver sa place sur la façade de l’hôtel de ville. Je pense naturellement aux inondations meurtrières en Indonésie, aux pauvres hères africains échoués sur les plages des Iles Canaries au milieu des baigneurs en vacances bouleversés par tant de misère et de détresse.
Si je devais être exhaustif la liste serait longue, vous le savez, dramatiquement longue.
Année 2005, année 2006, les précédentes, 2007, demain 2008, serai-je chaque année, à l’occasion de cette cérémonie des vœux, si je veux ne pas la cantonner à des questions strictement locales ou municipales et parce que le monde aura, à chaque fois, tourné, une fois de plus, à l’envers, serai-je, à chaque fois, contraint, à travers quelques exemples tragiques, serai-je obligé de rappeler la folie et la cruauté des hommes, leur barbarie devenue le dénominateur commun de la planète?
Chère Irène Hayoz, chère Maryam Radjavi, mesdames et messieurs, de tout mon être, de tout mon cœur, j’ose espérer que non.
Chère Irène, je vous ai demandé d’être ce matin, mon invitée d’honneur. Peut-être parce que comme l’on dit désormais « est maintenant venu le temps des femmes » mais surtout parce qu’à l’âge de 20 ans, 22 ans exactement, l’âge pour beaucoup de l’insouciance, des études, de la vie devant soi, de toute la vie devant soi au milieu des siens, de sa famille, de ses amis, au côté de son fiancé, vous étiez, parce que juive, déportée par les nazis au terrible camp de concentration d’Auschwitz. Le 8 mai dernier ici même, avant la projection du film « Au revoir les enfants » vous nous avez fait l’honneur et l’amitié de venir ici raconter l’arrestation des vôtres, les coups, les humiliations avant le transfert vers les camps, l’entassement dans les wagons, la mort à côté de soi, les coups encore et les morsures de chien à l’arrivée, la nudité imposée avant d’être tondu, rasé, ( même si vous avez été une des rares à ne pas l’être) la mort dans la chambre à gaz, la mort sous les coups ou la mort au travail, peut-être plus cruelle encore, au travail sensé rendre libre « Arbeit macht frei », vous nous avez raconté les cris de terreur, d’effroi, de panique, les pleurs hystériques étouffés par le fouet, le bâton, la schlague, les enfants séparés de leurs parents, les enfants arrachés à leur mère, les mères et les pères, les enfants, les familles que l’on sépare, que l’on anéantit, que l’on détruit
Vous avez vécu chère Irène, il y a maintenant plus de 60 ans, ce que nous ne voulons plus pour le monde, ce que nous ne voulons plus pour personne.
Et nous savons que vous saurez parfaitement le dire aux lycéens que vous accompagnerez là-bas, en Pologne, le mois prochain. Merci d’être là. Merci de m’avoir offert votre livre.
Les camps d’extermination nazis, la Shoah, l’Holocauste, c’est-à-dire l’organisation méticuleuse, rigoureuse, méthodique, scientifique de la mort d’hommes et de femmes par d’autres hommes et d’autres femmes à une échelle industrielle, il en est encore, à le nier. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui appelle à rayer l’Etat d’Israël de la carte, est de ceux là.
Madame la Présidente du Conseil National de la Résistance Iranienne, chère Maryam Radjavi, vous étiez des nôtres l’année dernière, nous sommes à nouveau honorés et ravis que vous ayez bien voulu, cette année encore, répondre à mon invitation. Tout le monde connaît désormais le combat qui est le vôtre, celui des Moudjahiddines du Peuple, contre le régime des mollahs en Iran, ces religieux fous, cruels et fanatiques qui appellent à la peine de mort, à la lapidation, à la dénégation du droit des femmes tout autant qu’à celle des Droits de l’Homme. La décision, dans un arrêt sévère, de la Cour de Justice des Communautés Européennes de Luxembourg en date du 12 décembre dernier annulant la décision de 2002 plaçant l’Ompi sur la liste des organisations terroristes, la résolution 1737 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, montrent, si besoin était, le bien-fondé et la légitimité de votre engagement. Je redis ici combien il faut veiller, combien il faut faire en sorte qu’un tel régime ne dispose par de l’arme nucléaire, pas plus que du nucléaire civil qui ne saurait être autre chose qu’une étape vers la première. Madame la Présidente, et comme nous le disions l’autre jour à Auvers à l’occasion aussi du Nouvel An, madame la Présidente, c’est une formule que nous sommes quelques uns ici, les autres voudront bien avoir l’amabilité de nous pardonner cette confidence, à apprécier tout particulièrement au présent et par anticipation, je vous l’ai dit plusieurs fois déjà, tous les murs finissent par tomber et je sais qu’un jour prochain, un jour de paix, de liberté, d’égalité et de fraternité, c’est en tant que Présidente de la République d’Iran que vous nous accueillerez à Téhéran, enfin débarrassée de l’obscurantisme qui, outre la liberté et la démocratie, broie les talents et les intelligences de votre pays.
La barbarie des hommes, d’aucuns pourraient s’interroger quant à la pertinence d’aborder ce thème, ici, ce matin, à l’occasion de la cérémonie des vœux.
Œuvrer pour faire en sorte que ses administrés vivent mieux ensemble, plus confortablement, est certes louable, c’est bien, dirais-je plus simplement, mais cela ne suffit pas et c’est là le sens de mon propos d’aujourd’hui.
Il convient et principalement pour les élus, d’aller au-delà de la gestion des services, de dépasser les aspects matériels, et cela même s’ils gardent les uns et les autres, toute leur importance.
Car il est à mon sens, de la responsabilité des élus, mais aussi de notre responsabilité, de notre devoir à tous, d’œuvrer là où nous sommes, au degré de responsabilité qui est le nôtre, avec l’influence qui peut être la nôtre, avec l’exemplarité du comportement qui peut être le nôtre, d’œuvrer pour que vivre ensemble et en paix sur cette terre ne reste pas une utopie.
Olivier Wendell Holmes, chère madame Godec, le dit formidablement bien: «L’essentiel en ce monde, n’est pas l’endroit où nous sommes, mais la direction dans laquelle nous marchons», et cela même s’il est plus facile de marcher quand on est une jeune femme ou un jeune homme occidental qu’une jeune fille de la caste des Intouchables en Inde ou un jeune garçon des favelas de Rio ou des townships de Prétoria.
Cela dit, loin de moi l’idée de vouloir perpétuer la mémoire de l’horreur ou d’en égrener le chapelet mais bien celle de m’inscrire dans la démarche visant à apprendre aux générations futures, et elles sont représentées ici ce matin, à être vigilants, à défendre les valeurs démocratiques, à combattre l’intolérance de façon à ce que chacun prenne conscience que le mal absolu existe et que le relativisme n’est pas compatible avec les valeurs de la République.
De façon à ce que chacun de nos jeunes, tout au long de sa vie, soit l’ambassadeur des valeurs d’humanité et de tolérance qui font vraiment l’homme, que chacun d’entre eux, tout au long de sa vie, les applique modestement au quotidien et ne succombe jamais aux sirènes du fascisme, fusse t-il religieux, fussent-elles représentées sous forme policées, dans certaines de nos assemblées.
Car jamais nous ne répèterons assez que la haine ne doit pas avoir d’avenir, que la paix n’est jamais éternelle, que la paix nous ne l’avons jamais pour toujours, la liberté pas davantage d’ailleurs, que la paix se construit encore davantage que la guerre, qu’elle est toujours fragile, quelque soit l’endroit du monde, quels que soient les hommes, que ce qui nous paraît aujourd’hui naturel, pour le moins, ne l’était pas, il y a très peu de temps encore. Comme vous pouvez en témoigner, chère Irène Hayoz, et comme vous en avez témoigné par écrit dans votre ouvrage intitulé « une survivante », toute l’histoire du monde en témoigne.
Comme vous pouvez témoigner, madame la Présidente, que ce qui nous paraît naturel ici chez nous, à Magny, en France, en Europe, n’est en rien une réalité ailleurs, en tout cas dans nombre de pays du monde.
« Je continue, malgré tout à croire en la bonté innée de l’homme », je veux, après tous ces propos, partager le sentiment d’Anne Frank écrit dans son journal le 15 juillet 1944 et vous dire, mesdames et messieurs, combien les vœux des enfants qui participent à l’atelier d’arts plastiques d’Elisabeth Kubiszyn m’ont touché. J’ai eu la faiblesse d’apporter, sur cette tribune, leur carte, pour le moins peu ordinaire. De par sa taille vous ne pouvez pas ne pas la voir. Leurs mots, même du premier rang, vous ne pouvez les lire, sachez cependant que tous ou presque expriment leur souhait d’un monde meilleur. Dès lors, sans sensiblerie, sans angélisme, je veux croire que ces nouveaux enfants du monde ne nous décevront pas et croire que tous les autres où qu’ils soient, si tant est que leurs familles, car tout commence par la famille, leur donnent l’éducation, l’affection, l’amour qu’ils doivent avoir, ne nous décevront pas non plus.
L’amour, l’affection, l’éducation. L’éducation. Alors que nos deux collèges du canton, Claude Monet et Rosa Bonheur respectivement représentés ce matin par monsieur Dumont et madame Dingemans, vivent maintenant au rythme, comme les appelait Ségolène Royal, d’établissements à taille humaine, et pour revenir à des préoccupations plus locales, je veux saluer la décision du Préfet du Val d’Oise, Christian Leyrit, qui, après enquête publique, a dans son arrêté du 7 août 2006, déclaré d’utilité publique l’acquisition des terrains nécessaires à la construction du lycée polyvalent et agricole. Plus aucun obstacle administratif ne s’opposant donc désormais à son implantation, aucun accord amiable quant à l’achat des terrains n’ayant pu être trouvé avec les propriétaires, la ville a désormais engagé la procédure d’expropriation pour que nos enfants connaissent enfin des conditions d’étude satisfaisantes.
Je veux ici remercier tous ceux qui courant 2005, ont bien voulu, venir, en mairie de Magny, signer la pétition visant à accélérer de la part du Gouvernement, la décision de principe de mettre à disposition les personnels appelés à exercer dans le futur lycée polyvalent et agricole du Vexin dont la décision de construction avait été adoptée par le Conseil Régional d’Ile de France en décembre 2001. Comme je souhaite aussi remercier tous ceux qui, à un moment ou à un autre, ont exprimé leur soutien dans cette affaire, tant les oppositions au projet ont été féroces, pas toujours menées au grand jour d’ailleurs, arguant et de la préservation du paysage, et du danger qu’allaient constituer, pour l’endroit, nos enfants assimilés à de véritables prédateurs. Parce que les 6000 signataires de la pétition n’aiment pas moins le Vexin que ceux qui s’en sont autoproclamés les défenseurs patentés, parce que les futurs élèves de cet établissement ne sont rien d’autre que nos enfants et qu’ils n’ont rien à voir avec les mauvaises conduites qu’on leur a injustement et d’office attribué, la raison l’a heureusement emporté. Dès lors, permettez moi; d’avoir, à cet instant, une pensée particulière pour Manuel Valls, aujourd’hui Député-Maire d’Evry, alors, en 1998, 1er Vice-Président du Conseil Régional d’Ile de France et Conseiller du 1er Ministre mais aussi pour Martine May-Godard, chargée de mission auprès du Vice-Président Chargé des Lycées, que personne ici ne connaît mais qui, dans l’ombre, ont œuvré sans relâche et parfois avec un culot monstre pour ce qui concerne Martine May-Godard, pour que les choses avancent. Je souhaite qu’ils soient mis à l’honneur le moment venu.
425 000 euros c’est le coût d’acquisition des terrains estimé le 3 novembre 2006 par le service des domaines, c’est le montant qu’assumera à elle seule, la ville de Magny aux fins de ne pas perdre un instant dans le processus final maintenant engagé. Les communes dont les jeunes fréquenteront l’établissement ne pourront, je crois, que s’en féliciter. Celles du canton dont les enfants fréquentent le collège de Bray et Lû, qui ont dit, par ailleurs, leur volonté de ne pas participer au financement du gymnase y afférant, pourront trouver là l’opportunité de réviser leur position, l’économie à réaliser sur une participation qui, somme toute, aurait été logique devant se révéler, à n’en pas douter, substantielle.
Sur la base des 80/20, 80% sur la base de la population, 20% sur la base du nombre d’élèves fréquentant le collège, le financement du gymnase Rosa Bonheur, évalué à un peu plus d’un million d’euros, représenterait en termes d’investissement sur 20 ans, et pour exemple, 200 euros par an pour une petite commune, 1400 pour une grande commune (à l’échelle du canton) comme Bray et Lû, St. Clair ou Vétheuil.
La construction d’un deuxième collège dans le canton a constitué un effort important du Conseil Général, je ne comprendrais pas que les communes aujourd’hui réticentes ne changent pas d’avis. Un deuxième collège dans le canton ne constituait pas un luxe, un lycée dans le Vexin ne constitue pas un luxe non plus, mais bien une nécessité, un gymnase pour le collège de Bray et Lû en constitue une tout autant. Encore une fois, je ne comprendrais pas que l’on puisse prétendre à l’intercommunalité alors que le repli sur soi, l’égocentrisme qui plus est au détriment des ses propres jeunes, primeraient sur l’intérêt général. Car très franchement, si les communes de ce canton ne parviennent pas à s’accorder sur un sujet par essence aussi consensuel, a priori, que celui là, qui peut dire sur quoi elles pourraient, un jour, se mettre d’accord qui intéresse vraiment l’ensemble de nos 26 communes?
L’intercommunalité c’est conjuguer nos intérêts, c’est faire en sorte de pouvoir faire ensemble ce que chacun ne pourrait faire seul. C’est de concert dessiner un territoire commun de solidarité et de développement. C’est tout simplement s’organiser pour mieux vivre ensemble chez nous. A cela la ville de Magny, sans volonté hégémonique est prête, pas à autre chose.
Et Dieu sait, je ne sais pas, cher Stanislas, si l’expression convient mais vous me pardonnerez de l’utiliser, qu’il reste dans ce canton des choses à faire.
Du fait, tout simplement, du retard considérable qu’il a, dans nombre de domaines, et pendant des décennies, accumulé, le canton de Magny se trouve en effet, aujourd’hui encore, confronté à des problèmes qui, depuis fort longtemps, auraient dû être réglés.
La déviation d’Arthies en constitue un des exemples, sinon l’exemple, le plus frappant. Promise depuis des lustres, inscrite au Plan Départemental de Déplacement 2000/2010, elle attend, les Arthégiens attendent, maintenant le résultat d’une nouvelle étude de variante imposée la Direction Régionale de l’Environnement qui, si elle n’oppose pas d’objection au principe de l’opération, demande, pour ne pas dire exige, des investigations supplémentaires qui se révèlent aussi lourdes en temps que coûteuses.
Il y a là matière à se fâcher tant l’intérêt, au sens noble du terme, des populations qui vivent sur place semble négligé par certaines instances. Sans faire dans la démagogie, les Arthégiens n’ont pas forcément la plus mauvaise interprétation, la plus mauvaise idée du tracé du contournement de leur village, je n’en veux pour preuve que le fait qu’elles se retrouvent dans celles préconisées par l’Assemblée Départementale, obligée, elle aussi d’attendre. Il en est, à certains moments, assez des experts qui savent tout, qui imposent tout. Je pense aux oppositions et réticences liées à l’implantation du collège de Bray et Lû, bien sûr à celles opposées à l’implantation du lycée, à celles opposées à la réfection de l’école Anne Frank. Je crois très sincèrement qu’aujourd’hui les citoyens que nous sommes peuvent aussi quelquefois être les experts des conditions de leur propre vie. Je crois que le principe s’applique parfaitement à la situation qui est celle du village d’Arthies aujourd’hui.
Quand je dis cela, et même si la quasi-totalité des demandes et aspirations des habitants de nos 26 communes, sont légitimes, je ne dis pas qu’elles sont toutes réalisables et tout de suite, qu’elles doivent passer avant les autres.
Ainsi, si le carrefour de la D14 et de la RD 135, à hauteur de ce que l’on appelle «La Champignonnière», celui à la hauteur de Buhy devront le moment venu, et le plus tôt sera naturellement le mieux, être sécurisés, et des études notamment à propos du premier sont en cours, si la déviation du village de La Chapelle en Vexin qui ne figure pas au plan 2000/2010, devra, au travers et avec la mise à 2x2 voies de la D14 entre Magny et St. Clair, faire l’objet d’une programmation rapide, dire qu’elle sera opérationnelle dans les deux, trois ans à venir consiste à nier la réalité des choses. C’est pour cela qu’oeuvrer pour qu’elle devienne une priorité du prochain plan avec la poursuite de l’aménagement de la D14 doit constituer le leitmotiv de tous les élus du canton; un accord de principe oral déjà plusieurs fois exprimé étant d’ores et déjà acquis au sein de l’Assemblée Départementale. Cela dit, et c’est pour le moins aussi valable pour la mise à 2x2 voies de la RD14, (dont la fin des travaux est prévue pour cet été), comme pour les travaux de sécurisation dans le cadre du programme départemental d’amélioration de niveau de service. (pour l’année 2006 la sécurisation du carrefour en entrée ouest du village de La Roche-Guyon, pour 2005, la création d’un giratoire au carrefour de la route de Vernon à Bray et Lû, pour 2004, les aménagements de sécurité à l’entrée est du village d’Hodent, pour 2007, la sécurisation de l’entrée sud du village de Vétheuil), et je pense aussi à la mise en œuvre du carrefour giratoire sur la RD983 à Aincourt, la folie de certains conducteurs laissera, malheureusement, toujours « la porte ouverte » à tous les drames.
Mesdames et messieurs, 2007 est là. Pour le moins cette année sera une année particulière, celle de l’élection présidentielle. Jamais, je crois, une telle échéance n’a suscité autant débat, et semble t’il d’intérêt, aussi longtemps à l’avance. Je veux y voir l’aspiration forte des Français à une vie meilleure, et pour eux, et pour leurs enfants, tant nous sommes nombreux, parents, à craindre de voir nos fils et nos filles vivre moins bien que nous.
J’ai vous le savez, ma préférence, chacun a naturellement la sienne et c’est bien normal. Je recevais il y a peu ici même les amis val d’oisiens de Ségolène Royal, Philippe Houillon participe, ce matin, et c’est ma façon, comme que je le lui ai promis, d’excuser son absence, au congrès extraordinaire de l’Ump à Paris.
Les Français choisiront et c’est bien ainsi. Mais que les candidats fassent appel à leur intelligence et non à leurs peurs, que le nouveau Président ou la nouvelle Présidente de la République fasse que cela change et que cela change fort, pour que les gens de peu, comme disent certains, deviennent des gens tout simplement, que les invisibles deviennent visibles, que les gens qui ne comptent pas, enfin comptent et vivent comme nous, comme moi, comme ceux à qui la vie a plutôt souri, fasse que la nouvelle expression « travailleurs pauvres », pour certains sans domicile fixe, ne veuille plus, très vite, rien dire. Alors la France aura gagné et gagnera encore.
Pour Magny intra-muros, 2007 sera, comme 2006 et 2005, elle aussi, une année de grands travaux qui viendront compléter la liste déjà longue de ceux déjà réalisés dont je ne citerai que ceux qui sont en passe d’être achevés et que sont la 3ème et dernière phase du complexe sportif Jesse Owens avec la réfection complète du stade Paul Chéron et la construction d’un espace cinéraire paysager au cimetière.
Au-delà de l’adoption du Plan Local d’Urbanisme, de celle du Schéma Directeur d’Assainissement, au-delà de la réhabilitation de la Zone d’Activités Economiques des Aulnaies, de l’extension de celle de la Demi-Lune, 2007 verra la construction de l’école de danse à l’Espace Nelson Mandela, la réhabilitation du boulevard de la Tour Robin, de l’allée Salvador Allende, de l’allée des Roses, celle partielle et d’étape du boulevard Dailly, la réhabilitation lourde de l’école Anne Frank, la réfection du rez de chaussée et de l’escalier principal de l’hôtel de ville, de l’aménagement du Parc de la Rosière, ( et je veux à ce moment avoir une pensée pour Bernard Angels, blessé à la suite d’une mésaventure au bout du monde, qui a aidé, alors qu’il était Vice-Président du Sénat, au financement de ces deux dernières opérations ) du parc de la ville et celui du parking du boulevard des Ursulines, le lancement des réhabilitations des immeubles de la rue de l’Ecole et du boulevard de la République, la réfection de cette même salle avec la réalisation d’une fresque historique sur le mur qui se trouve derrière vous... sans que tout cela obère l’accent que je souhaite voir mis cette année encore et de façon plus forte encore, sur les améliorations à apporter au quotidien : petits travaux de voirie, propreté de la ville, entretien de l’éclairage public, signalisation verticale et horizontale, fleurissement, entretien des espaces verts,qui tous, même si quelquefois, pour ne pas dire trop souvent, cela prend plus de temps que prévu ou annoncé, trouveront leur aboutissement.
Comme les années précédentes, et comme je l’ai dit à plusieurs reprises, ces projets de la Majorité Municipale s’inscriront dans une politique qui n’appellera pas, cette année encore, et pour la septième fois consécutive, d’augmentation des impôts locaux, non pas que nous fustigions l’impôt qui reste pour nous le 1er acte citoyen, le 1er acte de solidarité mais parce que si mener une politique d’investissements tous azimuts sans augmenter les impôts tout en limitant au plus juste (et en restant à chaque fois bien en dessous du coût réel) les augmentations des tarifs des services municipaux dont beaucoup sont par ailleurs gratuits, n’est pas chose facile, n’est pas pour autant chose impossible.
Situation préoccupante en 1998, très bonne en 2005, titre cette semaine, pour Magny, l’Echo Régional dans ses colonnes consacrées à la dette des communes du Val d’Oise, confirmant son analyse de l’an passé, conforme quant à elle à celle des services fiscaux.
Dit autrement cela signifie que notre situation financière, je vous fais grâce cette année des chiffres que vous pourrez retrouver sur le site Internet de la ville, c’est donc le maintien de la pression fiscale, autrement dit, l’absence d’augmentation des impôts locaux, la poursuite de la maîtrise de l’endettement, l’actualisation des tarifs des services en fonction de l’évolution de leur coût (avec prise en compte des quotients familiaux), l’amélioration de l’autofinancement assortie de la maîtrise des dépenses de fonctionnement.
Une situation globale donc qui fait que nous disposons des outils indispensables qui nous permettront de poursuivre le service rendu aux Magnytois et la continuation de la politique de réhabilitation de la ville entreprise depuis maintenant bientôt six ans.
Voilà mesdames et messieurs, ce que je voulais vous dire, pas tout ce que je voulais vous dire, mais je vous ai en tout cas livré, comme je veux le faire chaque année, ce qui me tenait le plus à cœur.
Un mot encore, emprunté à Azouz Begag, le ministre pour la promotion de l’égalité des chances, « Le bruit court que l’on peut être heureux », faisons en sorte de dire cela et faisons en sorte de l’être, heureux, parce que cela pourrait se faire, disait-il l’autre jour. Alors, oui, faisons, les uns et les autres, courir le bruit que l’on peut être heureux, alors oui, faisons courir le bruit que l’on peut vivre en paix et oeuvrons, là où nous sommes, pour que ces bruits deviennent réalité. Que cette belle formule « Un monde meilleur pour tout le monde» devienne réalité.
Voilà, merci à l’école de musique pour sa prestation amicale, merci à vous d’avoir répondu encore une fois si nombreux à mon invitation, pour conclure permettez moi de vous inviter à nous retrouver autour du verre de l’amitié et de vous renouveler, à toutes et à tous, très sincèrement, mes meilleurs vœux de bonne et heureuse année 2007 dans un monde, vous l’avez compris, que j’espère en paix, dans une France que je souhaite plus juste et plus solidaire.
Bonne année.